Tribunal judiciaire, 23 décembre 2024. 24/07949
Juridiction :
Tribunal judiciaire
Numéro de pourvoi :
24/07949
Date de décision :
23 décembre 2024
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TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE PARIS [1]
[1] Copie conforme délivrée
le :
à : Madame [C] [Y]
Le Préfetde [Localité 5]
Copie exécutoire délivrée
le :
à : Me Marion LACOME D’ESTALENX
Pôle civil de proximité
■
PCP JCP ACR fond
N° RG 24/07949 - N° Portalis 352J-W-B7I-C5WH4
N° MINUTE :
24/6
JUGEMENT
rendu le 23 décembre 2024
DEMANDERESSES
S.C.I. [Adresse 4],
dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Me Marion LACOME D’ESTALENX, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : #C0922
S.A. SEYNA,
dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Marion LACOME D’ESTALENX, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : #C0922
DÉFENDERESSE
Madame [C] [Y],
demeurant [Adresse 2]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Yasmine WALDMANN, Juge, juge des contentieux de la protection
assistée de Christopher LEPAGE, Greffier lors des débats et de Alexis QUENEHEN, Greffier lors du délibéré,
DATE DES DÉBATS
Audience publique du 23 octobre 2024
JUGEMENT
réputé contradictoire et en premier ressort prononcé par mise à disposition le 23 décembre 2024 par Yasmine WALDMANN, juge des contentieux de la protection assistée de Christopher LEPAGE, Greffier lors des débats et de Alexis QUENEHEN, Greffier lors du délibéré,
Décision du 23 décembre 2024
PCP JCP ACR fond - N° RG 24/07949 - N° Portalis 352J-W-B7I-C5WH4
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé prenant effet le 30/08/2021, la SCI [Adresse 4] a donné à bail à [C] [Y] un appartement à usage d'habitation, situé au [Adresse 2], 6ème étage, esc B, pour un loyer initial avec complément de 1190 euros par mois.
Par acte de cautionnement du 30/08/2021, la SA SEYNA se portait caution solidaire de [C] [Y] vis-à-vis de la SCI [Adresse 4] pour les dettes locatives.
Les échéances de loyer n'étant pas régulièrement payées, un commandement de payer rappelant la clause résolutoire insérée au bail a été délivré le 11/03/2024 pour avoir paiement d'un arriéré de 5279,75 euros.
Par acte de commissaire de justice délivré en date du 12/08/2024 à étude, la SCI [Adresse 4] et la SA SEYNA ont fait assigner [C] [Y] devant la juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de PARIS aux fins de voir :
constater la résiliation du bail par acquisition de la clause résolutoire pour impayés, subsidiairement prononcer la résiliation judiciaire du bail ; en conséquence :
ordonner, à défaut de départ volontaire et remise des clefs à compter de la date du jugement à intervenir, l’expulsion de [C] [Y] ainsi que tous occupants de son chef avec le concours de la force publique si besoin est et l’assistance d’un serrurier ;dire que le sort des meubles sera régi par les articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;condamner [C] [Y] à payer à la SCI [Adresse 4] une somme de 3929,75 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés à juillet 2024 inclus, somme à parfaire à l’audience, avec intérêt au taux légal à compter de l’assignation ;condamner [C] [Y] à payer à la SA SEYNA, subrogée dans les droits de SCI [Adresse 4], une somme de 5379,75 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés à juillet 2024 inclus, somme à parfaire à l’audience, avec intérêt au taux légal à compter de l’assignation ;condamner le même au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle à la SCI [Adresse 4] à compter de la résiliation du bail et ce jusqu’au départ effectif des lieux loués, d’un montant égal au loyer du logement litigieux et aux charges ;condamner [C] [Y] à payer à la SA SEYNA une somme de 1000 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens qui comprendront le coût du commandement du 11/03/2024.
L'assignation a été dénoncée au PREFET DE [Localité 5] le 13/08/2024.
Décision du 23 décembre 2024
PCP JCP ACR fond - N° RG 24/07949 - N° Portalis 352J-W-B7I-C5WH4
L’affaire était appelée à l’audience du 23/10/2024.
La bailleresse et la SA SEYNA, représentées par leur conseil, maintiennent les demandes dans les termes de l’assignation et actualisent la créance totale à la somme de 11958,15 euros.
[C] [Y], regulièrement avisée, ne comparait pas et n’est pas représentée.
La décision était mise en délibéré au 23/12/2024 par mise à disposition au greffe.
MOTIFS
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond.
Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de l’action en acquisition de la clause résolutoire pour impayés
En application de l’article 24 de la loi du 06/07/89 modifiée par la loi du 24/03/2014, à compter du 01/01/2015, les bailleurs personnes morales autres que les sociétés civiles constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au 4ème degré inclus, ne peuvent faire délivrer , sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de la résiliation du bail avant expiration d’un délai de 2 mois suivant la saisine de la CCAPEX prévue à l’article 7-2 de la loi du 31/05/1990, mais cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d’impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d’assurer le maintien du versement des aides mentionnées à l’article L821-1 du code de la construction et de l'habitation .
A peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence de le commissaire de justice au représentant de l'Etat dans le département au moins six semaines avant l'audience, afin qu'il saisisse l'organisme compétent désigné par le plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées, suivant la répartition de l'offre globale de services d'accompagnement vers et dans le logement prévue à l'article 4 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée. Cette notification s'effectue par voie électronique par l'intermédiaire du système d'information prévu au dernier alinéa de l'article 7-2 de la même loi. La saisine de l'organisme mentionné à la première phrase du présent III peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret. L'organisme saisi réalise un diagnostic social et financier, selon des modalités et avec un contenu précisés par décret, au cours duquel le locataire et le bailleur sont mis en mesure de présenter leurs observations, et le transmet au juge avant l'audience, ainsi qu'à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives ; le cas échéant, les observations écrites des intéressés sont jointes au diagnostic. Le locataire est informé par le représentant de l'Etat dans le département de son droit de demander au juge de lui accorder des délais de paiement, prévu au V du présent article.
L’action en résiliation de bail est recevable, la bailleresse justifiant d’une dénonciation de l’assignation au représentant de l’Etat au moins six semaines avant l’audience et d’une saisine de la CCAPEX le 12/03/2024.
Sur la résiliation du bail
Le commandement de payer délivré le 11/03/2024 reproduisait la clause résolutoire insérée au bail et les dispositions exigées à l'article 7g et 24 de la loi du 6 juillet 1989.
[C] [Y] n’ayant pas réglé la dette dans les deux mois suivant le commandement, le bail s'est trouvé résilié de plein droit le 11/05/2024 à minuit, soit à compter du 12/05/2024.
Il convient donc d'ordonner l'expulsion de [C] [Y] et de tout occupant de son chef à défaut de départ volontaire des lieux, deux mois après la délivrance d’un commandement de quitter les lieux, et ce avec le concours de la force publique si besoin est et l’assistance d’un serrurier.
Le sort des meubles sera régi par les articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d’exécution, le cas échéant.
Sur l'indemnité d'occupation
Compte tenu du bail antérieur et afin de préserver les intérêts de la bailleresse, il convient de fixer le montant de l'indemnité d'occupation due, à compter de la date de résiliation et jusqu’au départ effectif de [C] [Y] constitué par la remise des clés ou procès-verbal d’expulsion, au montant du loyer qui aurait été payé si le bail s'était poursuivi et de condamner [C] [Y] au paiement de celle-ci ainsi que des charges en sus.
Sur la demande en paiement de l'arriéré
Il ressort du commandement de payer et du décompte actualisé, que [C] [Y] reste devoir une somme de 11958,15 euros au titre des loyers et charges, indemnités dus à la date du 01/09/2024, septembre 2024 inclus.
La SA SEYNA produit les quittances subrogatives signées entre 16/04/2024 et le 18/07/2024 par la SCI [Adresse 4] démontrant du règlement tous les mois des loyers et charges par la SA SEYNA en lieu et place de [C] [Y].
Il ressort de ces quittances et du décompte produit que la SA SEYNA a réglé la somme totale de 5379,75 euros pour le compte de [C] [Y], défaillante.
Il convient en conséquence de condamner [C] [Y] au paiement de cette somme à la SA SEYNA au titre des loyers, charges et indemnités échus dus jusqu’au terme de septembre 2024 inclus, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation.
En outre, [C] [Y] sera condamnée à régler à SCI [Adresse 4] la somme de 6578,40 euros au titre des loyers, charges et indemnités échus jusqu’au 01/09/2024, septembre 2024 inclus, sous réserve des indemnités d'occupation échues depuis cette date et éventuellement impayées, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation.
Sur les demandes accessoires
L'exécution provisoire est de droit.
Il convient de condamner [C] [Y] à payer à la SA SEYNA la somme de 300 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile, au titre des frais exposés non compris dans les dépens, que le bailleur a dû engager pour obtenir un titre exécutoire.
Il y a lieu de condamner [C] [Y] aux dépens, comprenant le coût du commandement de payer.
PAR CES MOTIFS,
La juge des contentieux de la protection, statuant par jugement réputé contradictoire en premier ressort, mis à disposition au greffe :
CONSTATE la résiliation du bail conclu entre les parties, et ce à compter du 12/05/2024, portant sur les lieux situés au [Adresse 2], 6ème étage, esc B, pour défaut de paiement des loyers et charges ;
DIT qu'à défaut de départ volontaire des lieux après la signification de la présente décision, la SCI [Adresse 4] pourra faire procéder à l'expulsion de [C] [Y], ainsi que de tous les occupants de son chef, avec le concours de la force publique et d’un serrurier le cas échéant, deux mois après la délivrance d’un commandement de quitter les lieux sous réserve des dispositions de l'article L412-1 et de l’article L412-6 du code des procédures civiles d'exécution ;
DIT que le sort des meubles sera régi par les articles L433-1 et L433-2 du code des procédures civiles d'exécution ;
DIT que l'indemnité d'occupation mensuelle due par [C] [Y] à la SCI [Adresse 4], à compter de la date de la résiliation et jusqu'au départ effectif des lieux par remise des clés ou procès-verbal d’expulsion, sera égale au loyer qui aurait été payé si le bail avait continué, et au montant des charges en sus ;
CONDAMNE [C] [Y] à payer à la SA SEYNA la somme de 5379,75 euros au titre du remboursement des loyers et charges, indemnités dus au terme de septembre 2024 inclus, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation ;
CONDAMNE [C] [Y] à payer à la SCI [Adresse 4] la somme de 6578,40 euros au titre des loyers et charges, indemnités dus jusqu’au 01/09/2024, septembre 2024 inclus, outre les indemnités d'occupation impayées dues postérieurement le cas échéant, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
ORDONNE la communication au PREFET DE [Localité 5] de la présente décision ;
CONDAMNE [C] [Y] aux dépens, comprenant le coût du commandement de payer du 11/03/2024 ;
CONDAMNE [C] [Y] à payer à la SA SEYNA la somme de 300 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Le greffier La juge des contentieux de la protection
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