Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PONTOISE
Chambre de proximité
Service Surendettement
[Adresse 4]
[Adresse 4]
[Localité 11]
☎ : [XXXXXXXX01]
[Courriel 24]
N° RG 23/00181 - N° Portalis DB3U-W-B7H-NIYV
N° Minute :
DEMANDERESSE :
VAL D'OISE HABITAT
Débiteur(s), trice(s) :
M. [J] [V]
Copie délivrée le :
à :
Copie exécutoire délivrée le :
à :
JUGEMENT du 28 juin 2024
DEMANDERESSE :
VAL D'OISE HABITAT
[Adresse 19]
[Adresse 19]
[Localité 9]
représentée par Me Paul-Gabriel CHAUMANET, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : R 101
DÉFENDEURS :
Monsieur [J] [V]
domicilié : chez CCAS - Hotel de ville
[Adresse 15]
[Adresse 15]
[Localité 12]
comparant en personne
[13]
Service contentieux
[Adresse 16]
[Localité 6]
non comparante, ni représentée
S.N.C. [17]
[Adresse 21]
[Adresse 21]
[Localité 7]
non comparante, ni représentée
POLE EMPLOI ILE DE FRANCE
Direction production IDF - direction régionale
[Adresse 3]
[Localité 8]
non comparante, ni représentée
[23]
[Adresse 20]
[Adresse 20]
[Localité 5]
non comparante, ni représentée
TRESORERIE HOSPITALIERE [Localité 12]
[Adresse 14]
[Adresse 14]
[Localité 10]
non comparante, ni représentée
TRESORERIE VAL D'OISE AMENDES
[Adresse 2]
[Localité 9]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : SAUVE Florence
Greffier : FLIS Christelle
DÉBATS :
Audience publique du : 03 juin 2024
Après que les formalités des articles 430 et suivants du code de procédure civile eurent été respectées, le Tribunal a rendu le jugement suivant :
au nom du peuple français :
Exposé du litige
M. [J] [V] a saisi la commission de surendettement de particuliers du Val d’Oise afin de bénéficier de la procédure de surendettement des particuliers le 30 janvier 2023 pour la seconde fois.
La commission de surendettement a déclaré sa demande recevable le 7 mars 2023 puis, considérant que le débiteur se trouvait dans une situation irrémédiablement compromise, la commission a recommandé une procédure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire lors de sa séance du 7 mars 2023.
Cette décision a été notifiée au débiteur et à ses créanciers et notamment à la SA [25] le 31 mai 2023.
Par lettre recommandée avec accusé de réception envoyée le 9 juin 2023, la SA [25] s'est opposée à l'effacement des dettes expliquant que la situation de M. [V] était évolutive, qu'il avait 44 ans, qu’il était nécessaire de vérifier son état conjugal, que la dette de loyer était en évolution, qu’il avait bénéficié d’un précédent plan de remboursement qu’il n’a pas respecté.
Le débiteur et ses créanciers ont été convoqués à l'audience du 3 juin 2024 par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, adressée quinze jours avant l'audience.
La SA [25], représentée par son conseil, a maintenu sa contestation réitérant les éléments de sa contestation. Elle a rappelé qu’il s’était déclaré comme étant marié et qu’il s’agit d’un premier dossier de surendettement.
M. [V] a expliqué qu’il percevait uniquement le RSA et était sans domicile fixe. Il effectue parfois des missions d’intérim. Par ailleurs, il est marié mais son épouse est restée en Afrique.
[23] a écrit pour expliquer qu’elle renonçait à sa créance de 141,42 euros.
L'affaire a été mise en délibéré au 28 juin 2024, la décision étant prononcée par mise à disposition au greffe de la juridiction.
Motifs de la décision
Sur la recevabilité de la contestation de la SA [25]
La contestation de la SA [25] formée dans les formes et délais légaux est recevable.
Sur les mesures de redressement de la situation et sur le prononcé d'un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire
Le code de la consommation prévoit que :
Article L724-1 :
Lorsqu'il ressort de l'examen de la demande de traitement de la situation de surendettement que les ressources ou l'actif réalisable du débiteur le permettent, la commission prescrit des mesures de traitement dans les conditions prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7.
Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l'impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées au premier alinéa, la commission peut, dans les conditions du présent livre :
1° Soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l'exercice de son activité professionnelle, ou que l'actif n'est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale ;
2° Soit saisir, si elle constate que le débiteur n'est pas dans la situation mentionnée au 1°, avec l'accord du débiteur, le juge du tribunal d'instance aux fins d'ouverture d'une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire.
Article L724-2 :
Si, en cours d'exécution des mesures de traitement prévues aux articles L. 732-1, L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7, il apparaît que la situation du débiteur devient irrémédiablement compromise dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 724-1, le débiteur peut saisir la commission afin de bénéficier d'une procédure de rétablissement personnel avec ou sans liquidation judiciaire.
Article L724-3 :
Dans le cas mentionné à l'article L. 724-2, après avoir constaté la bonne foi du débiteur, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou saisit le juge du tribunal d'instance aux fins d'ouverture d'une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire.
Cette décision ou cette saisine emportent suspension et interdiction des procédures d'exécution diligentées à l'encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu'alimentaires. Les dispositions de l'article L. 722-5 sont applicables
Article L724-4 :
La suspension et l'interdiction mentionnées à l'article L. 724-3 sont acquises jusqu'à la date de la décision de la commission imposant un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, jusqu'au jugement prononçant un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou jusqu'au jugement d'ouverture d'une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire. Cette suspension et cette interdiction ne peuvent excéder deux ans.
L'endettement de M. [V] est de 17 898,68 euros au 13 juin 2023. Avec l’actualisation de créance de [23], le montant de l’endettement est de 17 757,26 euros.
M. [V] est âgé de 47 ans. Lors de l'examen de son dossier, ses revenus s'élevaient à 570 euros et ses charges à 604 euros. La capacité de remboursement est négative.
Il est précisé que M. [V] a déjà bénéficié d’un plan de remboursement en 2022 qu’il n’a pu respecter. Sa situation professionnelle, sociale, administrative et familiale est extrêmement précaire. Le rapport social produit par M. [V] est éloquent sur ce point.
Les biens que possède M. [V] sont nécessaires à sa vie courante et n'ont pas de réelle valeur marchande. Dans un avenir proche aucune amélioration de sa situation ne semble pouvoir advenir.
Le débiteur ne dispose d’aucun patrimoine financier ou immobilier.
Il y a donc lieu de prononcer un rétablissement personnel sans liquidation de l'ensemble de ses dettes.
Les dettes non professionnelles de M. [V] sont en conséquence effacées.
Toutefois, sont exclues de cet effacement les dettes alimentaires, les réparations pécuniaires allouées aux victimes dans le cadre d'une condamnation pénale, les amendes prononcées dans le cadre d'une condamnation pénale, les dettes issues de prêts sur gage souscrits auprès des caisses de [18] et les dettes dont le prix a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques.
Le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne aussi l'effacement de la dette résultant de l'engagement que le débiteur a donné de cautionner ou d'acquitter solidairement la dette d'un entrepreneur individuel ou d'une société.
L’article R741-13 prévoit que le greffe procède à des mesures de publicité pour permettre aux créanciers qui n’auraient pas été avisés de la procédure de former tierce opposition à l’encontre du jugement. Les créances dont les titulaires n’auraient pas formé tierce opposition dans un délai de deux mois à compter de cette publicité sont éteintes.
Il y a lieu de laisser les dépens à la charge du Trésor public.
Par ces motifs
Le tribunal judiciaire, statuant par jugement réputé contradictoire, rendu par mise à disposition au greffe à la date indiquée aux parties et en premier ressort,
DECLARE recevable la contestation formée par la SA [25] à l'encontre de la recommandation du 7 mars 2023 par la commission de surendettement du Val d'Oise mais la dit sans objet ;
CONSTATE que [23] abandonne sa créance ;
PRONONCE un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire au profit de [J] [V] né le 3 février 1977 à [Localité 22] en République Démocratique du Congo ;
DIT que sont de plein droit effacées les dettes de M. [J] [V] , actualisées au jour de la présente décision ;
RAPPELLE que sont exclues de cet effacement les dettes visées à l'article L. 711-4 du code de la consommation (pension alimentaire, réparation d'une victime en vertu d'une condamnation pénale, dettes frauduleuses à l'égard de la sécurité sociale et amendes), celles mentionnées à l'article L. 711-5 (prêt sur gage) du même code et les dettes dont le prix a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques ;
RAPPELLE que le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne aussi l'effacement de la dette résultant de l'engagement que le débiteur a donné de cautionner ou d'acquitter solidairement la dette d'un entrepreneur individuel ou d'une société ;
RAPPELLE que le débiteur ayant bénéficié de la procédure de rétablissement personnel sera inscrit au fichier national des incidents de paiement pour une durée de cinq ans ;
DIT que le greffe procédera aux mesures de publicité destinées à permettre aux créanciers non avisés de la présente procédure de former tierce opposition, en adressant un avis du jugement au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales ;
DIT que les créances dont les titulaires n’auront pas formé tierce opposition dans le délai de deux mois à compter de cette publicité seront éteintes ;
RAPPELLE qu'en application de l’article 587 du code de procédure civile la tierce opposition formée à titre principal est portée devant la juridiction dont émane le jugement attaqué ;
RAPPELLE que la présente décision est de plein droit immédiatement exécutoire ;
LAISSE les dépens à la charge du Trésor public.
Ainsi fait et jugé à PONTOISE le 28 juin 2024 ;
LE GREFFIER Le Vive-Président
Christelle FLIS Florence SAUVE
Besoin d'analyser cette décision en profondeur ?
Berlioz peut résumer, comparer et extraire les informations clés de cette décision pour votre dossier.
Sans engagement • Annulation à tout moment