Tribunal judiciaire, 30 mai 2024. 24/02083
Juridiction :
Tribunal judiciaire
Numéro de pourvoi :
24/02083
Date de décision :
30 mai 2024
Résumé par l'IA
Résumé par l'IA
Accédez au résumé intelligent de cette décision, généré par notre IA juridique.
Débloquer le résumé IATexte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 18 Juillet 2024
Président : Madame FATY, Vice-présidente
Greffier : Madame DEGANI,
Débats en audience publique le : 30 Mai 2024
GROSSE :
Le 19 juillet 2024
à Me Corinne DE ROMILLY
Le ...................................................
à Me ...............................................
Le ...................................................
à Me ...............................................
EXPEDITION :
Le ..........................................................
à Me ......................................................
Le ..........................................................
à Me ......................................................
Le ...........................................................
à Me ......................................................
N° RG 24/02083 - N° Portalis DBW3-W-B7I-4YAO
PARTIES :
DEMANDERESSE
Société UNICIL VENANT AUX DROITS DE LA SOCIETE DOMICIL, dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Me Corinne DE ROMILLY, avocat au barreau d’AIX-EN-PROVENCE
DEFENDEUR
Monsieur [L] [B]
né le 25 Novembre 1985 à , demeurant [Adresse 3]
non comparant
Par acte de Commissaire de Justice en date du 23 février 2024, la SA UNICIL venant aux droits de la Société DOMICIL, a assigné Monsieur [L] [B] devant le juge des référés du pôle de proximité du Tribunal Judiciaire de MARSEILLE pour voir :
• constater la résiliation du bail en application de la clause résolutoire contenue au contrat;
• ordonner l’expulsion de Monsieur [B] et celle de tous occupants de son chef des lieux sis à [Adresse 6], et de l'emplacement de stationnement, au besoin avec le concours de la [Localité 4] Publique;
• condamner Monsieur [B] à lui payer :
-la somme provisionnelle de 3162,62 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 7 février 2024 avec intérêts au taux légal à compter du commandement de payer;
-une somme égale au montant du dernier loyer et des charges au titre de l’indemnité mensuelle d’occupation jusqu'à libération complète des lieux;
-la somme de 350,00 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile outre les dépens;
• être autorisée à faire transporter les meubles et objets mobiliers laissés dans les lieux dans tel garde meubles de son choix, aux frais, risques et périls de Monsieur [B].
A l'audience, la SA UNICIL a maintenu ses demandes tout en produisant un décompte actualisé de sa créance qui s'élève à la somme de 5002,11 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 24 mai 2024 dont elle sollicite le paiement.
Le décompte actualisé sera pris en considération dans la mesure où dans son assignation, la SA UNICIL a sollicité le paiement d'une indemnité d'occupation.
Monsieur [B], cité en l’Etude de la SELARL HEXACTE, Commissaires de Justice, n’a pas comparu à l’audience, ni ne s'est fait représenter.
MOTIFS DE LA DECISION
Il résulte de l'article 472 du Code de Procédure Civile que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et que le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
En application des articles 834 et 835 du Code de Procédure Civile, dans tous les cas d'urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. Il peut, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.
Sur la recevabilité de la demande:
L'article 24 III de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023, dispose que "à peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence du Commissaire de Justice au représentant de l'Etat dans le département au moins six semaines avant l'audience".
L'article 24 II de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023 dispose que " les bailleurs personnes morales autres qu'une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus ne peuvent faire délivrer, sous peine d'irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l'expiration d'un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locative.
Cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d'impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d'assurer le maintien du versement des aides mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation.
La SA UNICIL produit la notification à la CCAPEX en date du 11 décembre 2023 des impayés locatifs visés dans le commandement de payer signifié au locataire le 8 décembre 2023, soit deux mois au moins avant l'assignation en date du 23 février 2024.
Elle produit par ailleurs la dénonciation de l'assignation à la Préfecture en date du 23 février 2024, soit six semaines au moins avant l'audience en date du 30 mai 2024.
L'action de la SA UNICIL est donc déclarée recevable.
Sur la résiliation du bail:
Par acte sous seing privé en date du 1er février 2017, la société DOMICIL a consenti un bail d’habitation à Monsieur [B] pour un logement situé à [Localité 5][Adresse 1] [Adresse 7], et pour un emplacement de stationnement, dans lequel est insérée une clause résolutoire applicable de plein droit en cas de non paiement des loyers et charges après un commandement resté impayé pendant deux mois.
Le montant du loyer était de 508,11 euros outre 154,03 euros de charges pour l'habitation et de 59,35 euros outre 5,57 euros de charges pour l'emplacement de stationnement.
Monsieur [B] ne réglant pas régulièrement ses loyers, la SA UNICIL lui a fait délivrer le 8 décembre 2023 un commandement d’avoir à payer les loyers de retard et visant la clause résolutoire du contrat de bail pour un montant de 2951,13 euros hors frais.
Ce commandement, notifié à la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 11 décembre 2023, est resté sans effet pendant plus de deux mois, en ce que les sommes dues n’ont pas été réglées dans ce délai.
Par conséquent, la clause résolutoire est acquise de plein droit et le bail résilié à la date du 8 février 2024.
En outre, Monsieur [B] qui n'a pas comparu à l'audience, n'a fait valoir aucun argument permettant d'infirmer cette demande et n'a pas davantage sollicité de délais de paiement.
Il convient par conséquent d’ordonner l’expulsion de Monsieur [B] et celle de tous occupants de son chef, si besoin est avec le concours de la force publique et de le condamner à payer à la SA UNICIL la somme provisionnelle de 4515,07 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 24 mai 2024, déduction faite des frais de procédure qui relèvent le cas échéant des frais et dépens et avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Monsieur [B] sera en outre condamné à payer à la SA UNICIL une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer courant et des charges qui auraient été payés en cas de non résiliation du bail, au titre de l’occupation des lieux jusqu’à leur libération effective et remise des clés au propriétaire.
Enfin, il n'y a pas lieu de statuer sur le sort des meubles dès lors que celui-ci est d'ores et déjà prévu par les articles L433-1 du code des procédures civiles d'exécution, à l’initiative du Commissaire de Justice chargé de l'exécution de la mesure d'expulsion.
Sur l'exécution provisoire:
Il sera rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires par provision en vertu des dispositions de l'article 514 du Code de Procédure Civile.
Sur les frais et dépens:
En application de l’article 696 du Code de Procédure Civile, Monsieur [B] conservera la charge des entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement de payer.
En outre, Monsieur [B] sera tenu de payer à la SA UNICIL la somme de 300,00 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
PAR CES MOTIFS
Nous, Mme Corinne FATY Vice-Présidente du Pôle de Proximité du Tribunal Judiciaire de Marseille, statuant en qualité de juge des contentieux de la protection, après débats publics, par mise à disposition au greffe, par décision réputée contradictoire, rendue en premier ressort et en matière de référé,
Au principal, renvoyons les parties à mieux se pourvoir, mais dès à présent, par provision, tous droits et moyens des parties demeurant réservés,
DECLARONS RECEVABLE l'action de la SA UNICIL;
CONSTATONS la résiliation de plein droit du bail liant les parties à la date du 8 février 2024 ;
ORDONNONS l’expulsion de Monsieur [B] [L] et celle de tous occupants de son chef, avec au besoin le concours de la force publique des lieux sis à [Localité 5][Adresse 1] [Adresse 7], et de l'emplacement de stationnement, passé le délai de deux mois à compter de la délivrance du commandement d'avoir à quitter les lieux par acte de Commissaire de Justice;
CONDAMNONS Monsieur [B] [L] à payer à la SA UNICIL:
• la somme provisionnelle de 4515,07 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 24 mai 2024 avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision;
• une indemnité d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail et ce, jusqu’à libération effective des lieux et remise des clés au propriétaire;
DEBOUTONS la SA UNICIL du surplus de ses demandes;
CONDAMNONS Monsieur [B] [L] à payer à la SA UNICIL la somme de 300,00 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile;
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire de droit par provision;
CONDAMNONS Monsieur [B] [L] aux entiers dépens, en ce compris le coût du commandement de payer en date du 8 décembre 2023;
AINSI PRONONCE PAR MISE À DISPOSITION AU GREFFE, LES JOUR MOIS ET AN QUE DESSUS ET ONT SIGNÉ À LA MINUTE LE PRÉSIDENT ET LE GREFFIER PRÉSENTS LORS DU PRONONCÉ,
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
Besoin d'analyser cette décision en profondeur ?
Berlioz peut résumer, comparer et extraire les informations clés de cette décision pour votre dossier.
Sans carte bancaire • Sans engagement • Annulation à tout moment
Historique des décisions
Historique des décisions
Visualisez l'historique procédural complet : première instance, appel, cassation.
Voir l'historique