Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE
N° RG 23/00159 - N° Portalis DBYQ-W-B7H-HYBR
4ème CHAMBRE CIVILE
JUGEMENT DU 06 Septembre 2024
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Lors des débats et du délibéré :
Président : M. Bernard VALEZY Magistrat à Titre Temporaire statuant en qualité de juge du Tribunal Judiciaire
assisté, pendant les débats de Madame Gisèle LAUVERNAY, greffière ;
DEBATS : à l'audience publique du 14 Juin 2024
ENTRE :
SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE L’IMMEUBLE [Adresse 2] SIS [Adresse 2] REPRESENTE PAR SON SYNDIC LA SARL ATHOME IMMOBILIER, dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Sylvain NIORD, avocat au barreau de SAINT-ETIENNE
ET :
Monsieur [V] [I]
demeurant [Adresse 2]
non comparant
JUGEMENT :
par défaut et en dernier ressort,
Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 06 Septembre 2024
EXPOSE DU LITIGE
Par acte de commissaire de justice en date du 4 octobre 2022, le Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [Adresse 2] sis [Adresse 2], à [Localité 3] représenté par son syndic, la SARL ATHOME IMMOBILIER ayant son siège [Adresse 1] à [Localité 3] a fait délivrer un commandement de payer la somme de 3 081,56 euros à Monsieur [I] [V] demeurant [Adresse 2] à [Localité 3], propriétaire des lots n° 181,198 et 428.
Par acte de commissaire de justice en date du 28 février 2023, le syndicat des copropriétaires a fait assigner Monsieur [I] [V] devant le Président du tribunal judiciaire de Saint Étienne, statuant selon la procédure accélérée au fond sollicitant sa condamnation à lui verser :
-4 144,28 euros avec intérêts de droit à compter de la mise en demeure, outre la somme de 312,53 euros au titre de la loi SRU, sous réserve d’une actualisation de la créance au jour de l’audience,
-300,00 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive,
-800,00 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile.
Le syndicat des copropriétaires demande en outre la condamnation de Monsieur [I] [V] aux entiers dépens de l'instance et d’ordonner l’exécution provisoire du jugement.
A l’audience du 01 décembre 2023, le syndicat des copropriétaires réactualise sa créance à la somme de 6 370,37 euros au 3 novembre 2023,
Monsieur [I] [V] dûment cité en vertu des articles 656 et 658 du code de procédure civile, n’est ni présent, ni représenté.
Par jugement avant dire droit du 2 février 2024, le tribunal judiciaire de Saint-Etienne a ordonné la réouverture des débats afin que le syndicat des copropriétaires produite contradictoirement un état hypothécaire en cours de validité ou une matrice cadastrale réactualisée, en y joignant le modificatif de l’état descriptif de division afin de justifier des millièmes rattachés aux lots 181, 198 et 428 dont est propriétaire Monsieur [I] [V].
L’affaire ayant été renvoyée le 1er mars 2024, celle-ci a été appelée à l’audience du 14 juin2024.
Le syndicat des copropriétaires, représenté par son conseil, a confirmé ses demandes antérieures.
Monsieur [I] [V] régulièrement cité n’a pas comparu et de s’est pas fait représenter
A l'issue des débats, l'affaire a été mise en délibéré au 6 septembre 2024.
MOTIFS DE LA DECISION
Selon l'article 472 du Code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, mais le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande en paiement des charges de copropriété
Aux termes de l’article 10 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement commun en fonction de l'utilité objective que ces services et éléments présentent à l'égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux mentionné à l'article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l'article 5.
Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges.
Lorsque le règlement de copropriété met à la seule charge de certains copropriétaires les dépenses d'entretien et de fonctionnement entraînées par certains services collectifs ou éléments d'équipement, il peut prévoir que ces copropriétaires prennent seuls part au vote sur les décisions qui concernent ces dépenses. Chacun d'eux dispose d'un nombre de voix proportionnel à sa participation auxdites dépenses.
Selon l’article 10-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965, par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes d’huissier de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur sont imputables au seul copropriétaire concerné.
En l’espèce, à l'appui de ses prétentions, le syndicat des copropriétaires produit notamment ;
-Le décompte des sommes dues,
-Une matrice cadastrale actualisée en 2023
-Un état descriptif de division,
-Le règlement de copropriété et modificatifs,
-Le contrat de syndic
-Le procès-verbal des assemblées générales 2020, 2021 et 2022,
-Les budgets régularisés 2021 et 2022
-Les appels de provisions
Le syndicat des copropriétaires justifie d’une créance de 6 370,37 euros au titre des charges impayées au 3 novembre 2023, comprenant l’appel de provisions du 1er octobre 2023.
La créance justifiée sera retenue à hauteur de 6 370,37 euros au titre des charges impayées au 3 novembre 2023.
Le syndicat des copropriétaires justifie du coût du commandement de payer de 150,95 euros retenus au titre des frais nécessaires.
Par conséquent, il y a lieu de condamner Monsieur [I] [V] à payer au syndicat des copropriétaires les sommes suivantes :
- 6 370,37 euros au titre de l’arriéré des charges arrêté au 3 novembre 2023, appel de provisions du 1er octobre 2023 inclus, outre intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 4 octobre 2022 sur la somme de 3 081,56 euros due à cette date et à compter de la signification de la décision sur le surplus ;
- 150,95 euros au titre des frais nécessaires.
Sur les dommages et intérêts pour résistance abusive
L’article 1231-6 du Code civil dispose que les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
En l’espèce, le syndicat des copropriétaires ne justifie ni d la mauvaise foi de Monsieur [I] [V], ni d’un préjudice distinct du retard indemnisé par les intérêts moratoires, de sorte qu’il y a lieu de le débouter de sa demande de condamnation pour résistance abusive
Sur les demandes accessoires
Aux termes de l'article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
Monsieur [I] [V], qui succombe, supportera les dépens de l’instance.
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à condamnation.
En l’espèce, Monsieur [I] [V] sera condamné à payer la somme de 400,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile
L’exécution provisoire est de droit en application de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant par défaut, en dernier ressort, par mise à disposition au greffe.
CONDAMNE Monsieur [I] [V] à payer au Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [Adresse 2] sis [Adresse 2], à [Localité 3] représenté par son syndic, la SARL ATHOME IMMOBILIER ayant son siège [Adresse 1] à [Localité 3] les sommes suivantes :
- 6 370,37 euros au titre de l’arriéré des charges arrêté au 3 novembre 2023, appel de provisions du 1er octobre 2023 inclus, outre intérêts au taux légal à compter du commandement de payer du 4 octobre 2022 sur la somme de 3 081,56 euros due à cette date et à compter de la signification de la décision sur le surplus ;
- 150,95 euros au titre des frais nécessaires.
DEBOUTE le syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier [Adresse 2] de sa demande de dommages intérêts pour résistance abusive,
CONDAMNE Monsieur [I] [V] à payer la somme de 400,00 au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [I] [V] aux entiers dépens de l’instance.
RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit.
Ainsi jugé et mis à disposition au greffe, les jour, mois et an susdits, et après lecture faite, le Président a signé avec le Greffier.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
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