Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE [Localité 5] [1]
[1] Copie conforme délivrée
le :
à : défendeurs
Copie exécutoire délivrée
le :
à : demandeur
Pôle civil de proximité
■
PCP JCP ACR référé
N° RG 24/08262 - N° Portalis 352J-W-B7I-C5YSA
N° MINUTE :
2025/7
ORDONNANCE DE REFERE
rendue le 27 janvier 2025
DEMANDERESSE
Madame [W] [O] [C] épouse [M], demeurant [Adresse 4]
représentée par Me LEMOINE-FANTUZ
Avocate inscrite au Barreau de Paris -vestiaire : C1390
DÉFENDEURS
Monsieur [J] [S], demeurant [Adresse 2]
représenté par Me COMMERçON Sophie Avocate inscrite au Barreau de Paris
Aide Juridictionnelle en date du 03-10-2024
N° : C-75056-2024-018339
Toque ; A344
Madame [U] [H] [S], demeurant [Adresse 2]
représentée par Me COMMERçON Sophie
Avocate inscrite au Barreau de Paris
Toque A 344
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DEBATS
Xavier REBOUL, Vice-président, juge des contentieux de la protection assisté de Christopher LEPAGE, Greffier,
DATE DES DÉBATS
Audience publique du 04 décembre 2024
ORDONNANCE
contradictoire et en premier ressort prononcée par mise à disposition le 27 janvier 2025 par Xavier REBOUL, Vice-président, assisté de Philippe PUEL, Greffier
Décision du 27 janvier 2025
PCP JCP ACR référé - N° RG 24/08262 - N° Portalis 352J-W-B7I-C5YSA
Vu l’assignation en référé du 19 juin 2024, délivrée à la demande de Mme [W] [C], épouse [M] à M. [J] [S] et Mme [U] [S], dénoncée au représentant de l’Etat dans le département au moins deux mois avant la date de l’audience, reçue les 20 juin et 22 juillet 2024, par laquelle le tribunal judiciaire de Paris a été saisi aux fins de voir :
< constater la résiliation du bail du logement situé : [Adresse 3] à [Localité 6], conclu le 1er juillet 2011, par application de la clause résolutoire du bail, et ce après la délivrance le 16 mai 2023 d’un commandement visant cette clause et dont les causes n’ont pas été réglées dans les deux mois de sa délivrance,
< prononcer leur expulsion et celle de tous occupants de leur chef,
< les condamner solidairement à payer la provision actualisée de 7010,10 € au titre des sommes dues le 3 décembre 2024 (novembre 2024 inclus), avec intérêts au taux légal sur à compter du commandement de payer, outre une indemnité provisionnelle d'occupation mensuelle égale au montant du loyer, majoré des charges, et 2000 € en application de l'article 700 du code de procédure civile.
Mme [M] ne s’oppose pas à l’octroi de délais.
Les époux [S] proposent de payer 150 € par mois, en plus de leur loyer courant.
MOTIFS
L’article 834 du code de procédure civile indique : « Dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. »
L’article 835 du code de procédure civile prévoit : « Le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire. »
Il convient de relever que le demandeur a saisi la CAPEX au moins deux mois avant l'audience, cette dernière ayant réceptionné la notification le 1er juin 2023.
Le paiement des loyers et charges aux termes convenus dans le bail est une obligation essentielle des locataires, qui résulte tant du bail signé le 1er juillet 2011, qui prévoit une clause résolutoire, que de l’article 7 a de la loi du 6 juillet 1989.
Or il résulte des pièces produites que des loyers et charges n’ayant pas été réglés, un commandement de payer a été délivré aux époux [S], le 16 mai 2023, pour paiement d’une somme principale de 6139,46 €, représentant les sommes dues à cette date, qui vise la clause résolutoire du bail, et reproduit les dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 et celles de l’article 6 de la loi du 31 mai 1990.
Ses causes n’ont pas été réglées dans les deux mois de sa délivrance, de telle sorte que les conditions de résiliation du bail étaient réunies de plein droit dès l’expiration de ce délai.
Il est produit un historique de compte, à la date du 3 décembre 2024 (novembre 2024 inclus), qui fait apparaître une somme de 7010,10 €, provision au paiement de laquelle il convient de condamner solidairement les époux [S], avec intérêts au taux légal sur 6139,46 €, à compter du 16 mai 2023, date du commandement de payer.
La situation des époux [S] permet toutefois de leur octroyer des délais de paiement suspensifs de la clause résolutoire du bail, avec une clause de déchéance du terme en cas de non-respect des modalités de paiement de l’arriéré telles que définies au dispositif, ces délais de paiement valant pour régler les sommes dues au titre des dépens.
PAR CES MOTIFS,
Statuant publiquement par ordonnance de référé mise à disposition au greffe, contradictoire et en premier ressort,
Constatons que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire du bail conclu entre les parties le 1er juillet 2011, pour le logement situé : [Adresse 1] à [Localité 6], sont réunies à la date du 17 juillet 2023 ;
Condamnons solidairement les époux [S] à payer la provision de 7010,10 € à Mme [M], à la date du 3 décembre 2024 (novembre 2024 inclus), avec intérêts au taux légal sur 6139,46 €, à compter du 16 mai 2023 ;
Autorisons les époux [S] à s’acquitter de cette dette par 35 versements mensuels consécutifs de 150 €, en sus des loyers et charges courants, le 36ème et dernier versement devant solder la totalité de la dette ;
Disons que le premier versement interviendra à la même date que le terme courant, à la première date à laquelle le loyer est exigible, qui suit la signification du présent jugement ;
Suspendons les effets de la clause résolutoire du bail dans la mesure de ces délais, et disons qu’en cas de respect de ces modalités, la résiliation du bail sera réputée ne jamais avoir été acquise ;
Disons qu’en cas de défaut de paiement d’une seule mensualité au titre du retard comme d’un seul terme courant comme il vient d’être dit :
≡ la totalité de la dette deviendra immédiatement exigible,
≡ la clause résolutoire du bail sera réputée acquise,
≡ leur expulsion et celle de tous occupants de leur chef, du logement situé : [Adresse 3] à [Localité 6], sera poursuivie au besoin avec l’aide de la force publique et d’un serrurier, deux mois après la délivrance d’un commandement de quitter les lieux conformément aux dispositions de l’article L412–1 du code des procédures civiles d'exécution, et que les meubles trouvés dans les lieux seront traités conformément aux dispositions des articles L433–1 et suivants du même code,
≡ les délais octroyés sur les dépens seront caducs et ces sommes seront immédiatement exigibles ;
Condamnons en outre dans ce cas, solidairement les époux [S] à payer à Mme [M] une indemnité provisionnelle d’occupation mensuelle égale au montant du loyer majoré des charges et accessoires qui auraient été dus si le bail n’avait pas été résilié (indexation annuelle incluse), jusqu’au départ effectif du logement, de tout bien, de toute personne de leur chef, et la remise des clés ;
Disons que le seul non-respect des délais de paiement, pour les sommes dues au titre des dépens n’a pas de répercussion sur la clause résolutoire du bail ;
Condamnons solidairement les époux [S] à payer 900 € à Mme [M], en application de l'article 700 du code de procédure civile ;
Condamnons solidairement les époux [S] aux dépens, comprenant le coût du commandement de payer du 16 mai 2023.
Le greffier, Le président
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