Tribunal Administratif de VERSAILLES, 23 décembre 2022. 2204071
Juridiction :
Tribunal Administratif de VERSAILLES
Numéro de pourvoi :
2204071
Date de décision :
23 décembre 2022
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Débloquer le résumé IATexte intégral
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
La présidente du tribunal a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. M. A B est allocataire de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne et bénéficiait du revenu de solidarité active. Par une décision du 6 avril 2022, le président du conseil départemental de l'Essonne a rejeté le recours administratif préalable formé à l'encontre de la décision du 10 novembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 15 594,03 euros au titre de la période de novembre 2018 à juillet 2021.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L 262-34 ou L 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer, il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 262-45 dudit code : " Si un bénéficiaire qui n'a ni conjoint, ni partenaire lié par un pacte civil de solidarité, ni concubin, ni personne à charge est détenu dans un établissement relevant de l'administration pénitentiaire pour une durée supérieure à soixante jours, son allocation est suspendue à compter de la deuxième révision trimestrielle suivant le début de son incarcération ".
4. Il résulte notamment de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
5. En l'espèce, M. B ne conteste ni la réalité, ni la durée cumulée des séjours qu'il a effectués à l'étranger au cours de la période de novembre 2018 à juillet 2021. Par conséquent, il ne remet pas en cause les constats résultant de l'enquête menée par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne relativement à ces séjours, ni, par voie de conséquence, le bienfondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge. S'il fait valoir que ses séjours à l'étranger étaient justifiés par l'état de santé de ses parents puis par les formalités liées à leur décès, cette circonstance est sans incidence sur le bienfondé de l'indu.
6. En second lieu, M. B ne peut utilement faire valoir, à l'appui de conclusions dirigées contre une décision mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active, que sa situation financière ne lui permet pas de régler la totalité de la somme due. Il ne peut pas davantage solliciter du tribunal la mise en place d'un échéancier de remboursement de sa dette. Il appartiendra à M. B, s'il s'y croit fondé, d'adresser au département de l'Essonne une demande de remise gracieuse de sa dette ou la mise en place d'un échéancier de remboursement de celle-ci.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne comporte que des moyens inopérants. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter par application des dispositions du 7e de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au département de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 23 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
S. Bélot
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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