Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE BOBIGNY
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
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DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N RG 24/07235 - N Portalis DB3S-W-B7I-Z2XQ
MINUTE: 24/1823
Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Sagoba DANFAKHA, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [X] [O]
né le 13 Juin 1969 à [Localité 3] (ALGERIE)
[Adresse 1]
[Localité 4]
Etablissement d’hospitalisation : L’EPS [Localité 5]
Présent assisté de Me Thierry MEUROU, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice de L’EPS [Localité 5]
Absente
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 11 septembre 2024
Le 03 septembre 2024, la directrice de L’EPS [Localité 5] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [X] [O].
Depuis cette date, Monsieur [X] [O] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS [Localité 5].
Le 09 septembre 2024, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [X] [O].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 11 septembre 2024.
A l’audience du 12 septembre 2024, Me Thierry MEUROU, conseil de Monsieur [X] [O], a été entendu en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Vu le certificat médical initial établi le 03 09 2024 par le Dr [W] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e) ;
Vu le relevé des démarches de recherche et d’information de tiers pour un patient admis en soins psychiatriques en cas de péril imminent ;
Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé de [Localité 5] en date du 04 09 2024 à effet au 03 09 2024 prononçant l’admission de [X] [O] en hospitalisation complète ;
Vu l’information donnée dans les 24H à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 04 09 2024 par le Dr [T];
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 06 09 2024 par le Dr [G];
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 06 09 2024 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [X] [O];
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 09 09 2024;
Vu l’avis motivé établi le 06 09 2024 par le Dr [G];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 11 09 2024;
Vu le débat contradictoire en date du 12 09 2024;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1 ses troubles rendent impossible son consentement ;
2 son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
[X] [O] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé le 03 09 2024 sans son consentement dans les conditions rappelées ci-dessus.
Le certificat médical établi par le Dr [W] le 03 09 2024 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : excitation psychomotrice, agressivité verbale, logorrhée, vécu de persécution, inconscience partielle des troubles.
Etait constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e).
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment une logorrhée, un discours centré sur sa femme évoquant un complot et de la sorcellerie, quelques idées de grandeur, une tachypsychie un consentement fragile aux soins et concluaient que la prise en charge de [X] [O] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L'avis motivé daté du 10 09 2024 constatait que le discours d’une tonalité mystique et persécutive était marqué par une logorrhée, que le patient présentait un syndrome de désorganisation psychique avec des diffluences, des rationalisations quasi morbides, une conscience partielle des troubles et une acceptation passive des soins.
L’avis précisait que l’état de santé de [X] [O] était compatible avec son audition par le juge des libertés et de la détention.
A l'audience, [X] [O] déclarait que ça se passait très bien. Sur les raisons de son hospitalisation, il évoquait des conflits conjugaux, expliquant qu’ « ils » étaient tous les deux énervés, qu’ « elle » savait qu’il était prêt à aller jusqu’au bout de la procédure de divorce. A l’hôpital, il était en « reconstruction », disait être accompagné par un bon médecin et une bonne équipe, tout en précisant que certaines blessures prenaient du temps pour la guérison. C’est la 3ème fois qu’il était hospitalisé en psychiatrie. Il était habituellement suivi au CMP de [Localité 4]. Son meilleur moment dans le mois, c’était quand il voyait son médecin. Il était d’accord pour rester à l’hôpital mais pas trop longtemps. Il avait confiance dans les équipes médicales. Mais il serait également d’accord pour poursuivre ses soins en hospitalisation de jour.
Le conseil de [X] [O] était entendu en ses observations.
Il résulte de l’ensemble des éléments joints à la requête et contradictoirement débattus à l’audience, que la procédure relative à l’admission de [X] [O] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [X] [O] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [Localité 5], [Adresse 2], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Monsieur [X] [O]
Laisse les dépens à la charge de l'Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,
Fait et jugé à Bobigny, le 12 septembre 2024
Le Greffier
Sagoba DANFAKHA
Le premier vice-président
Juge des libertés et de la détention
Raphaëlle AGENIE-FECAMP
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s'oppose :
Déclare faire appel :
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Sans engagement • Annulation à tout moment