Tribunal judiciaire, 27 décembre 2024. 24/01262
Juridiction :
Tribunal judiciaire
Numéro de pourvoi :
24/01262
Date de décision :
27 décembre 2024
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COUR D'APPEL D’ANGERS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
D’ ANGERS
Dossier : N° RG 24/01262
N° Portalis DBY2-W-B7I-HY2H
Minute : 24/01262
ORDONNANCE EN PROCEDURE
D’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
M. LE DIRECTEUR DE [1]
Non comparant, ayant fait ses observations par écrit
DÉFENDEUR :
M. [B] [I] [X]
Non comparant, représenté par Me Morgane BOUCHARA, avocat barreau d’ANGERS
UDAF DE MAINE ET LOIRE, es qualité de curateur, non comparant
Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d'ANGERS, assisté de Agnès LEGRAIN, greffier,
Vu l’article L3212-1 du code de la santé publique,
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par le directeur de l’hôpital du [1] le 18 décembre 2024, concernant :
M. [B] [I] [X]
né le 30 Juin 1973 à [Localité 2]
Vu la saisine en date du 24 décembre du directeur de l’hôpital et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de M. [X] [B] [I] .
Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 26 décembre porté à la connaissance des parties à l’audience,
Vu les débats tenus en audience publique le 27 décembre .
M. [X] [B] [I] n’a pas souhaité comparaître.
L’Udaf de Maine et Loire, curatrice, a été avisée de l’audience.
Maitre Bouchara Morgane a indiqué ne pas avoir d’observation sur la régularité de la procédure
MOTIFS DE L’ORDONNANCE:
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
- ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
- son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2 de l’article L. 3211-2-1 ;
Le directeur de l'établissement prononce la décision d'admission :
1° Soit lorsqu'il a été saisi d'une demande présentée par un membre de la famille du malade ou par une personne justifiant de l'existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l'intérêt de celui-ci, à l'exclusion des personnels soignants exerçant dans l'établissement prenant en charge la personne malade. Lorsqu'il remplit les conditions prévues au présent alinéa, le tuteur ou le curateur d'un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci.
2° Soit lorsqu'il s'avère impossible d'obtenir une demande dans les conditions prévues au 1° du présent II et qu'il existe, à la date d'admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi dans les conditions prévues au troisième alinéa du même 1° ( certificat dressé par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement de soins) .
Dans ce cas, le directeur de l'établissement d'accueil informe, dans un délai de vingt-quatre heures sauf difficultés particulières, la famille de la personne qui fait l'objet de soins et, le cas échéant, la personne chargée de la protection juridique de l'intéressé ou, à défaut, toute personne justifiant de l'existence de relations avec la personne malade antérieures à l'admission en soins et lui donnant qualité pour agir dans l'intérêt de celle-ci.
Lorsque l'admission a été prononcée en application du présent 2°, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts ( certificats des 24 h et des 72 h).
Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre.
M. [X] [B] [I] bénéficie d’une mesure de curatelle renforcée renouvelée par jugement du 13 aout 2024 pour une durée de 60 MOIS dont l’exercice est confié à L’UDAF de MAINE ET LOIRE.
M. [X] [B] [I] né le 30 juin 1973, a été admis le 18 décembre à 15h45 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète sur décision du directeur du [1] en date du 18 décembre pour péril imminent , au vu des conclusions d’un seul certificat médical en date du 18 décembre à 15h45 , émanant du docteur [R] , qui n’appartient pas au [1], lequel indiquait que M. [X] [B] [I] s’était présenté spontanément à l’UPAO du [1] et qu’il présentait des troubles du comportement se caractérisant notamment par une hétéro agressivité, une agitation, une désorganisation psychique, dans un contexte d’idées délirantes de persécution et de tension psychique .
Le contenu détaillé de ce certificat médical caractérise bien la nécessité de soins urgents en hospitalisation complète en milieu spécialisé de par la nature et la gravité des troubles constatés entrainant un péril imminent pour la santé de M. [X] [B] [I] , et sous contrainte puisqu’il n’était pas possible d’obtenir son consentement.
La vaine recherche d’un tiers est justifiée au dossier ( le patient n'a pas donné de coordonnées de son entourage ).
L’information légale prévue par l’article L 3211-, 3 portant sur les modalités de cette hospitalisation ainsi que sur les droits des patients a été délivrée à M. [X] [B] [I] le 18 décembre .
Conformément aux dispositions de l’article L 3212-1, Mme [L] mandataire judiciaire de l'Udaf de Maine et Loire a été informée de l’hospitalisation de M. [X] [B] [I] et de son cadre juridique.
Le seul fait que cet avis ait été adressé au delà du délai de 24 h n’emporte pas la démonstration concrète d’un grief pour M. [X] [B] [I] .
Le juge a été saisi le 24 décembre , soit avant l’expiration du délai de 8 jours à compter de l’admission intervenue le 18 décembre à 15h45, conformément aux dispositions de l’article L 3211-12-1 du Code de la Santé Publique .
Les conditions légales ont donc été respectées.
Le certificat médical des 24 heures a été rédigé par le docteur [N] le 19 décembre 2024 à 10h06 et le certificat médical des 72 heures a été rédigé par le docteur [U] le 21 décembre à 12h10 ; ils comportent les éléments de motivation requis pour justifier en fait et en droit la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte.
La décision de maintien de l’hospitalisation complète a été prise le 23 décembre par le Directeur de l’hopital et portée le 23 décembre à la connaissance de M. [X] [B] [I] .
L’ avis motivé en date du 23 décembre , dressé par le docteur [N] conclut à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que M. [X] [B] [I] présentait lors de son examen une exaltation de l’humeur avec une instabilité psychomotrice, un ludisme et une impulsivité, une désorganisation du cours de la pensée, des idées délirantes avec adhésion totale; le médecin précise que M.[X] demeure anosognosique tout en restant dans l’adhésion aux soins, que la poursuite de la mesure de soins sous contrainte doit notamment permettre l’adaptation des thérapeutiques .
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d'une part, la procédure a été menée régulièrement et que d'autre part M. [X] [B] [I] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [B] [I] [X],
Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.
Ainsi rendu le 27 décembre 2024.
Le greffier, Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
Mentions de notification :
Copie de la présente ordonnance transmise à M. [B] [I] [X] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital
Copie de la présente ordonnance transmise à M. le directeur de l’hôpital,
Copie de la présente ordonnance transmise à Me Morgane BOUCHARA
Copie de la présente ordonnance transmise à UDAF
le 27/12/2024
le greffier
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