Cour de cassation, 27 mai 1997. 96-04.063
Juridiction :
Cour de cassation
Numéro de pourvoi :
96-04.063
Date de décision :
27 mai 1997
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Débloquer le résumé IATexte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :
Sur le pourvoi formé par le Crédit Foncier de France, société anonyme, dont le siège est ..., en cassation d'un arrêt rendu le 29 janvier 1996 par la cour d'appel de Bordeaux (2ème chambre), au profit :
1°/ de M. Jean-Marie X...,
2°/ de Mme Denise X..., demeurant ensemble ...,
3°/ de la société France Télécom, société anonyme, dont le siège est ...,
4°/ de la Perception de Terrasson La Bachellière, dont le siège est : 24120 Terrasson,
5°/ de la Société Générale, agence de Périgueux, dont le siège est Cours Montaigne, 24000 Périgueux, défendeurs à la cassation ;
LA COUR, en l'audience publique du 22 avril 1997, où étaient présents : M. Lemontey, président, Mme Catry, conseiller référendaire rapporteur, M. Fouret, Mme Delaroche, M. Sargos, Mme Marc, MM. Aubert, Cottin, conseillers, M. Laurent-Atthalin, conseiller référendaire, M. Roehrich, avocat général, Mme Aydalot, greffier de chambre ;
Sur le rapport de Mme Catry, conseiller référendaire, les observations de la SCP Célice et Blancpain, avocat du Crédit Foncier de France, de la SCP Urtin-Petit et Rousseau-Van Troeyen, avocat des époux X..., les conclusions de M. Roehrich, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Sur le moyen unique pris en sa deuxième branche :
Vu l'article 20 du décret du 21 février 1990, ensemble l'article 2 du Code civil ;
Attendu que par jugement du 10 avril 1995, le tribunal d'instance de Périgueux a accueilli la demande de redressement judiciaire civil formée par les époux X..., a vérifié les créances et arrêté des mesures de redressement; que le Crédit Foncier de France, contestant le montant de sa créance fixé par le Tribunal, a interjeté appel ;
Attendu que pour se déclarer incompétente et renvoyer les parties à mieux se pourvoir, la cour d'appel relève que la loi du 8 février 1995 s'applique immédiatement aux procédures en cours au jour de son entrée en vigueur, le 1er août 1995, que les nouvelles dispositions n'ouvrent la possibilité de faire appel contre les décisions du juge du surendettement que lorsque celui-ci statue sur les modalités de redressement du débiteur, qu'en l'espèce, le CFF sollicite la fixation de sa créance, que la cour d'appel est donc incompétente pour connaître de cette demande ;
Attendu qu'en statuant ainsi, alors que les voies de recours dont un jugement est susceptible sont régies par la loi en vigueur à la date de celui-ci, de sorte que le jugement rendu en la cause était susceptible d'appel, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 29 janvier 1996, entre les parties, par la cour d'appel de Bordeaux ;
remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Bordeaux, autrement composée ;
Condamne les défendeurs aux dépens ;
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-sept mai mil neuf cent quatre-vingt-dix-sept.
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