Texte intégral
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
CHAMBRE 1-11, Rétention Administrative
ORDONNANCE
DU 17 SEPTEMBRE 2024
N° RG 24/01454 - N° Portalis DBVB-V-B7I-BNWAZ
N° RG 24/01454 - N° Portalis DBVB-V-B7I-BNWAZ
Copie conforme
délivrée le 17 Septembre 2024
par courriel à :
-MP
- l'avocat
-le préfet
-le CRA
-le JLD TJ
-le retenu
Signature,
le greffier
RECOURS SUSPENSIF
Décision déférée à la Cour :
Ordonnance rendue par le Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE en date du 17 Septembre 2024 à 11h18.
APPELANT
MONSIEUR LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
INTIME
Monsieur [X] [Y]
né le 10 Mai 1991 à [Localité 7]
de nationalité Italienne
Ayant pour conseil en première instance Maître Baya BOUSTELITANE, avocat au barreau de MARSEILLE, commis d'office
PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE
Avisé et représenté par Madame [C] [M]
ORDONNANCE
Contradictoire non susceptible de recours,
Prononcée le 17 septembre 2024 à 20h01 par Mme Nathalie MARTY, Conseiller à la cour d'appel déléguée par le premier président par ordonnance, assistée de M. Corentin MILLOT, Greffier.
****
Vu les articles L 743-21 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et notamment les articles L 743-22 et R 743-12 dudit code ; »
Le 11 septembre 2024 Monsieur [X] [Y] a fait l'objet d'un arrêté du préfet de Bouches-du-Rhône portant obligation de quitter le territoire national, notifié le 13 Septembre 2024 à 9h15.
La décision de placement en rétention a été prise le 12 septembre 2024 par le préfet de Bouches-du-Rhône et notifiée le 13 septembre 2024 à 9h15.
Par ordonnance du 17 Septembre 2024 à 11h18 du Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE a rejeté la demande formée par le préfet de Bouches-du-Rhône tendant à voir prolonger la rétention de Monsieur [X] [Y].
Cette ordonnance a été notifiée au Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille le 15h25 à 9h15.
Le 17 septembre 2024 à 16h53 le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille a interjeté appel de cette ordonnance, avec demande d'effet suspensif.
Les notifications du recours suspensif du 17 septembre 2024 ont été faites à :
- Monsieur [X] [Y] à 16h35
- Me Baya BOUSTELITANE, avocat au barreau de Marseille à 17h29
- M. le préfet de Bouches-du-Rhône à 16h19
Aucune observation n'a été transmise suite à ces notifications.
MOTIFS DE LA DÉCISION
L'article L 743-22 du CESEDA dispose que : 'L'appel n'est pas suspensif.
Toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel est accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours.
L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond.
Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond'.
L'article R 743-12 du CESEDA dispose que : 'Lorsque le ministère public entend solliciter du premier président de la cour d'appel qu'il déclare son recours suspensif, il interjette appel dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification qu'il a reçue de l'ordonnance. Il fait notifier la déclaration d'appel, immédiatement et par tous moyens, à l'autorité administrative, à l'étranger et, le cas échéant, à son avocat, qui en accusent réception.
La notification mentionne que des observations en réponse à la demande de déclaration d'appel suspensif peuvent être transmises par tout moyen au premier président ou à son délégué dans un délai de deux heures.l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public'.
L'article R 743-13 du CESEDA dispose que 'Le premier président de la cour d'appel ou son délégué statue sur la demande visant à déclarer l'appel suspensif, après que l'étranger ou son conseil a été mis à même de transmettre ses observations, suivant les modalités définies à l'article R. 743-12.
La décision du premier président ou de son délégué sur le caractère suspensif de l'appel est portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la République, qui veille à son exécution et en informe l'autorité administrative'.
En l'espèce l'appel motivé a été régulièrement interjeté le 17 septembre 2024 à 16h53 par le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille, dans un délai de 24 heures suivant la notification qui lui a été faite de cette ordonnance.
La déclaration d'appel a été notifiée à l'autorité administrative, à l'étranger et à son avocat et ceux-ci ont disposé du délai de deux heures pour présenter leurs observations.
Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille fait valoir, outre des considérations de fond qui seront examinées dans le cadre de l'audience au fond, que Monsieur [X] [Y] ne justifie pas de garanties de représentation effectives
Il résulte de la procédure que Monsieur [X] [Y] ne dispose pas de garanties de représentation suffisantes ne présentant notamment pas un passeport en cours de validité et ne justifiant pas d'un lieu de résidence effectif, qu'il manifeste son désir de rester en France et ne souhaite pas exécuter volontairement la décision d'éloignement dont il fait l'objet ; que l'adresse où il déclare résider est sujette à caution dans la mesure où celui-ci déclarait jusqu'à présent, et notamment dans sa fiche d'écrou, qu'il résidait dans le [Localité 3] à la [Adresse 5] ; qu'il a été placé au centre de rétention administrative après avoir été libéré de la maison d'arrêt des Baumettes, où il purgeait une peine de l an d'emprisonnement pour des faits de vol par effraction dans un local d'habitation ; qu'il a également fait l'objet, en date du 02/1 l/2023, d'une ordonnance pénale délictuelle de la part du tribunal judiciaire de Marseille pour des faits de conduite sans permis et de défaut d°assurance, et présente à ce titre un danger pour l'ordre public ;
Dans ces conditions il y a lieu de faire droit à la demande d'effet suspensif de l'appel et de maintenir l'intéressé à disposition de justice jusqu'à l'audience au fond.
PAR CES MOTIFS
Déclarons recevable et fondée la demande formée par le Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille tendant à voir déclarer son appel suspensif ;
Disons que Monsieur [X] [Y] sera maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond à l'audience de la cour d'appel d'Aix-en-Provence qui se tiendra :
Le 18 septembre 2024 à 9h00
à la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence
[Adresse 6]
Salle d'audience n° 6 - 1er étage
(en visio-conférence)
Disons que la notification de la présent décision vaut convocation à cette audience ;
Rappelons qu'en application de l'article R 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le procureur de la République est chargé de veiller à l'exécution de la présente décision.
Le greffier Le président
COUR D'APPEL D'AIX EN PROVENCE
Chambre de l'urgence
[Adresse 4]
Téléphone : [XXXXXXXX02] - Fax : [XXXXXXXX01]
Aix-en-Provence, le 17 Septembre 2024
Maître Baya BOUSTELITANE, avocat au barreau de MARSEILLE
N° RG : N° RG 24/01454 - N° Portalis DBVB-V-B7I-BNWAZ
OBJET : Notification d'une ordonnance valant convocation
Concernant Monsieur [X] [Y]
J'ai l'honneur de vous notifier l'ordonnance, ci-jointe, rendue le 17 Septembre 2024, suite à l'appel interjeté par le procureur de la République près le Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE contre l'ordonnance rendue le 17 Septembre 2024 par le Juge des libertés et de la détention du Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE :
Pour l'audience du 18 septembre 2024 à 9h00
Salle n°6 - Palais Monclar - 1er étage
Le Greffier
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