Cour de cassation, 07 mars 1995. 93-10.766
Juridiction :
Cour de cassation
Numéro de pourvoi :
93-10.766
Date de décision :
7 mars 1995
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Débloquer le résumé IATexte intégral
Sur le moyen unique :
Vu l'article 1134 du Code civil ;
Attendu que, le 10 mai 1988, M. X..., transporteur routier, a souscrit auprès de la société Solovam un contrat de crédit-bail pour le financement de l'achat d'un camion ; que ce contrat stipulait le paiement par le preneur de quarante-huit mensualités égales ; que, plusieurs échéances étant demeurées impayées, la société Solovam, après s'être prévalue de la déchéance du terme, a assigné les époux X..., l'épouse prise en qualité de caution solidaire du mari, en paiement de sommes d'argent comprenant une indemnité de résiliation anticipée majorée de la taxe sur la valeur ajoutée ;
Attendu que, pour retrancher de la créance de la société Solovam le montant de la taxe sur la valeur ajoutée calculé sur l'indemnité de résiliation, l'arrêt attaqué a retenu qu'un doute subsistait sur la portée réelle d'une clause du contrat en l'état de ses stipulations contradictoires et que ce doute devait profiter aux époux X... qui avaient contracté l'engagement de payer ;
Attendu qu'en statuant ainsi, alors que, si l'article 13, 3°, a, du contrat de crédit-bail stipulait, à la charge du locataire, en cas de résiliation anticipée, " en réparation du préjudice subi, une somme égale au montant hors taxes des loyers postérieurs à la résiliation ", l'alinéa c du même article prévoyait que l'indemnité " serait majorée des taxes et frais éventuels ", et qu'il résultait de cette dernière clause claire et précise que le crédit-bailleur était fondé à ajouter au montant de l'indemnité de résiliation, calculé suivant la clause " a ", celui de la taxe sur la valeur ajoutée, dont il était, comme il le soutenait, comptable envers l'administration fiscale, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 27 octobre 1992, entre les parties, par la cour d'appel de Nîmes ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Montpellier.
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