Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE BOBIGNY
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
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DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 24/09138 - N° Portalis DB3S-W-B7I-2E6F
MINUTE: 24/2228
Nous, Thomas SCHNEIDER, juge, magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny désigné par le président en application de l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [I] [O]
né le 13 Juillet 2001 à
[Adresse 2]
[Localité 3]
Etablissement d’hospitalisation: CENTRE HOSPITALIER [7], sis [Adresse 5]
absent représenté par Me Sofiane HAJIB, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice du CENTRE HOSPITALIER [7]
Absente
TIERS A L’ORIGINE DE L’HOSPITALISATION
Monsieur [X] [O]
Absent
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 07 novembre 2024
EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
Le 29 octobre 2024, la directrice du centre hospitalier [7] a admis M. [I] [O] en urgence en soins psychiatriques sans consentement sous la forme d’une hospitalisation complète à la demande présentée le 24 octobre 2024 par M. [X] [O], en sa qualité de père.
Elle a décidé le 31 octobre 2024 de poursuivre pour un mois les soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète. La décision n’a pas été notifiée au patient en raison de sa fugue.
Le 4 novembre 2024, la directrice de l’établissement a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de M. [I] [O].
Le procureur de la République a donné un avis favorable au maintien de l’hospitalisation par réquisitions écrites du 7 novembre 2024.
Les débats se sont déroulés à l’audience publique tenue le 8 novembre 2024 dans la salle d’audience aménagée de l’établissement public de santé de [Localité 8], située au centre [6], [Adresse 1] à [Localité 4].
Me Sofiane Hajib, avocat de la personne hospitalisée, a été entendu en ses observations.
M. [I] [O] ne s’est pas présenté en raison de motifs médicaux, constatés par l’avis médical de situation du docteur [D] [K] après son retour de fugue, faisant obstacle à son audition.
L’ordonnance a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIVATION
L’article L. 3211-12-1, I-1°, du code de la santé publique dispose que l’hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l'établissement lorsque l'hospitalisation a été prononcée en application du chapitre II du présent titre ou par le représentant de l’État dans le département lorsqu'elle a été prononcée en application du chapitre III du présent titre, de l'article L. 3214-3 du présent code ou de l'article 706-135 du code de procédure pénale, ait statué sur cette mesure avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de l'admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l'article L. 3214-3 du même code. Le juge est alors saisi dans un délai de huit jours à compter de cette admission.
L’article L. 3212-1, I, du même code précise qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d'un établissement mentionné à l'article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1.
L’article L. 3211-3, alinéa 1er du même code prévoit que, lorsqu’une personne atteinte de troubles mentaux fait l'objet de soins psychiatriques en application des dispositions des chapitres II et III du présent titre ou est transportée en vue de ces soins, les restrictions à l'exercice de ses libertés individuelles doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis. En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée.
En l’espèce, le certificat médical initial établi le 29 octobre 2024 par le docteur [L] [T], médecin, décrit l’état suivant du patient : admis pour troubles du comportement à type d’agitation et d’hétéroagressivité suite à une décompensation psychiatrique, discours pauvre et peu cohérent, irritable, contact restreint, attitude de toute-puissance et d’opposition, déni des troubles, banalisation des actes, comportement imprévisible. Il constate le risque grave d’atteinte à l’intégrité du patient.
Les certificats médicaux établis les 30 et 31 octobre 2024 par les docteurs [G] [B] et [D] [K], médecins psychiatres, relatent l’état suivant du patient : pour le premier, contact restreint, irritable, discours peu cohérent, attitude d’opposition et de toute puissance, déni des troubles, banalisation des actes, humeur fluctuante, comportement imprévisible, risque de fugue et de mise en danger ; et, pour le second, patient en fugue depuis le 31 octobre 2024.
L’avis médical de situation dressé le 7 novembre 2024 par le docteur [D] [K], psychiatre de l’établissement, relate l’état suivant du patient après son retour de fugue : réintégration après plusieurs fugues, contact restreint, se replie et fuit le dialogue, mutique et maniériste aux urgences.
Il ressort des pièces versées aux débats que la procédure est régulière. En outre, l’avis médical motivé établit que les troubles psychiatriques de la personne hospitalisée persistent. Les fugues font courir un risque de rupture de soins et de traitement. Son état de santé ne lui permet pas de consentir réellement aux soins.
La nécessité de soins assortis d’une surveillance médicale constante justifie la poursuite de l’hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Le magistrat du siège,
Autorise la poursuite de l’hospitalisation complète de M. [I] [O] ;
Laisse les dépens à la charge de l’État ;
Rappelle que l’ordonnance bénéficie de l’exécution provisoire.
Fait et jugé à Bobigny le 8 novembre 2024.
Le Greffier
Lucie BEAUROY-EUSTACHE
Le Juge
Thomas SCHNEIDER
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s’oppose :
Déclare faire appel :
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