Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE BOBIGNY
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
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DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 24/00889 - N° Portalis DB3S-W-B7I-YZLB
MINUTE: 24/260
Nous, Sarah MASSOUD, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [X]
né le 01 Janvier 1990 à
DIRP
Etablissement d’hospitalisation : L’EPS DE [4] sis [Adresse 2]
présent assisté de Me Adèle GUARDIOLA, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Monsieur le directeur de L’EPS DE [4]
Absent
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 08 Février 2024
Le 29 Janvier 2024, le directeur de L’EPS DE [4] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [X].
Depuis cette date, Monsieur [X] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [4].
Le 05 Février 2024, le directeur de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [X].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 08 Février 2024.
A l’audience du 09 Février 2024, Me Adèle GUARDIOLA, conseil de Monsieur [X], a été entendue en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques
Aux termes de l’article L.3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L.3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L.3211-2-1.
L’article L.3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure, avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L.3214-3 ou à compter de la décision par laquelle le directeur de l’établissement a modifié la forme de la prise en charge du patient en procédant à son hospitalisation complète.
Il résulte des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux établis dans les 24 et 72 heures, de la décision d’admission et de celle de maintien des soins ainsi que de l’avis motivé du 2 février 2024, que Monsieur [X] a été retrouvé nu dans un garage et hospitalisé alors qu’il avait un contact bizarre, un regard fuyant, une humeur neutre, avec un mustisme et un risque de passage à l’acte auto ou hétéro agressif. Durant la période d’observation, l’intéressé a verbalisé des idées délirantes floues de persécution et mystiques (disant que ses organes ont disparu).
Il ressort en particulier de l’avis médical motivé que le comportement de Monsieur [X] reste bizarre et inadapté, avec une humeur neutre, des affects émoussés, un discours provoqué et désorganisé, verbalisant une tristesse, des hallucinations, avec des thématiques somatiques à type de négation d’organe et une désorganisation temporo-spatiale.
A l’audience de ce jour, ce patient a déclaré se nommer [V] [Y] né le 2 juin 1994, dans le nord d’[Localité 3], en Côte d’Ivoire. Il a demandé à rester à l’hôpital pour être soigné et pour ne pas devoir vivre sans domicile fixe. Il est apparu anxieux vis-à-vis de sa situation administrative irrégulière.
Il suit de l’ensemble de ces éléments, que Monsieur [X] présente des troubles mentaux qui rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
En conséquence, il convient d’ordonner la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [X].
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [4], au centre Henri Duchêne situé [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Ordonne la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [X] ;
Laisse les dépens à la charge de l’Etat ;
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire.
Fait et jugé à Bobigny, le 09 Février 2024
Le Greffier
Lucie BEAUROY-EUSTACHE
Le vice-président
Juge des libertés et de la détention
Sarah MASSOUD
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s’oppose :
Déclare faire appel :
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