Texte intégral
T R I B U N A L
JUDICIAIRE
D’EVRY
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Cabinet du juge des libertés et de la détention
Henry MAPEL, Vice président
N° dossier: N° RG 24/02710 - N° Portalis DB3Q-W-B7I-QMKD
MINUTE N°
NAC : 14T
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE MESURE EN
MATIÈRE d'isolement
Article L. 3222-5-1 du code de la santé publique
Rendue le 10 Septembre 2024
Henry MAPEL, Vice président, magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique statuant sans audience selon la procédure écrite de principe prévue aux articles L3211-12-2 et L3222-5-1 du Code de la santé publique;
Vu l'article 17 de la loi n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, modifiant notamment l'article L3222-5-1 du Code de la santé publique ;
Vu le décret n° 2022-419 du 23 mars 2022 modifiant la procédure applicable devant le magristrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique en matière d’isolement et de contention mis en oeuvre dans le cadre de soins psychiatriques ;
Vu la décision de M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER DE L'[1] en date du 24 août 2024 et réintégré le 30 août 2024 plaçant en hospitalisation sous contrainte,
Madame [X] [Z]
née le 05 Janvier 1972 à [Localité 2] (GRANDE COMORE)
représentée par Me Céline VILLECHENOUX, avocat au barreau d'ESSONNE ;
Vu la décision médicale motivée du docteur [B] [K]en date du 03 septembre 2024 plaçant en mesure d'isolement Madame [X] [Z] à compter du 03 septembre 2024 à 19h07;
Vu l'ordonnance du juge du tribunal judiciaire d’Evry autorisant la prolongation de la mesure d'isolementde Madame [X] [Z] en date du 07 septembre 2024;
Vu la demande du directeur de l'établissement psychatrique acceuillant le patient, enregistrée par le greffe le 10 Septembre 2024 par laquelle il sollicite l'autorisation de poursuivre la mesure d'isolement de Madame [X] [Z] ;
Vu la décision médicale motivée du docteur [B] [K] du 10 septembre 2024 selon lequel la mesure d'isolement de Madame [X] [Z] doit être prolongée.
Vu l'abszence des réquisitions du MINISTÈRE PUBLIC;
Vu les conclusions de Me Céline VILLECHENOUX, pour Madame [X] [Z];
EXPOSE DU LITIGE
Madame [X] [Z] a fait l'objet d'une hospitalisation complète au Centre hospitalier [1], depuis le 24 août 2024 et réintégré le 30 août 2024.
Madame [X] [Z] est soumis(e) à une mesure d'isolement sur le fondement de l’article L.3222-5-1 du code de la santé publique depuis le 03 septembre 2024 à 19h07.
Le directeur de l'établissement psychatrique acceuillant le patient a saisi le juge aux fins de statuer en faveur de la poursuite de la mesure d'isolement de l'intéressé.
Le Ministère public n'a pas transmis ses réquisitions.
Dans ses conclusions, Me Céline VILLECHENOUX représentant Madame [X] [Z] soutient que la procédure est irrégulière et que l'isolement n'est pas proportionné à l'état du patient. Elle indique que le signataire de la saisine JLD ne justifie pas de sa délégation de signature. Elle souligne l'absence des cachets des médecins sur les certificats de 12 heures nécessaires à la vérification des numéros RPPS et des certificats médicaux intermédiaires. Elle estime que son client aurait pu être entendu par le juge car son état de santé s'améliore. Elle mentionne l'absence d'information concernant la mesure d'isolement à son client et à sa famille.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Il convient de statuer selon la procédure écrite.
Sur la procédure:
La requête en prolongation saisissant le Juge est signée de Mme [V] [O], titulaire d'une délégation de signature du directeur de l'établissement, déposée au greffe du juge des libertés et de la détention, lui permettant de signer valablement les saisines du juge en matière de soins psychiatriques sous contrainte.
Le défaut d'information du patient sur la mesure prise n'a pas pour conséquence de rendre irrégulière la décision de placement ou maintien à l'isolement elle-même motivée. L'information du patient et de sa famille sur la mesure prise a été délivrée selon information figurant au certificat de prolongation de la mesure.
Le conseil de l'intéressé souligne l'absence des cachets des médecins sur les certificats de 12 heures nécessaires à la vérification des numéros RPPS et des certificats médicaux intermédiaires.
Il convient de souligner qu'en cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d'inobservation des formalités substantielles, le juge des libertés et de la détention saisi d'une demande sur ce motif ou qui relève d'office une telle irrégularité ne peut prononcer la mainlevée de l'hospitalisation contrainte que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter atteinte aux droits du patient. Il est constant que la nullité ne peut être prononcée qu'à charge pour l'adversaire qui l'invoque de prouver le grief que lui cause l'irrégularité, même lorsqu'il s'agit d'une formalité substantielle ou d'ordre public. En l'espèce, aucun grief n'est invoqué ni prouvé.
La motivation de la requête par référence à la pièce médicale la plus récente constitue une motivation suffisante. Il résulte des mentions portées sur les certificats fournis que l'évaluation de l'état du patient a été réalisée toutes les 12 heures depuis le début de la mesure. Les éléments médicaux fournis sont suffisants pour permettre au juge de statuer utilement. Le bien-fondé du placement initial en isolement a déjà fait l'objet d'un contrôle par le juge des libertés, et ne saurait être de nouveau contesté.
L’examen des éléments soumis n’amène pas à relever de difficulté procédurale. Dès lors, les moyens de nullité et d'irregularité soulevés seront écartés.
Sur le fond:
Le motif allégué de prolongation de la mesure d'isolement est justifié par les éléments portant sur la situation de santé mentale et le comportement du patient, étayé par les certificats médicaux produits, relevant que l'intéressée est placée en isolement suite à une désorganisation psycho-comportementale à type de désinhibition et de déambulation, accompagnée d'un discours délirant et désorganisé. Actuellement, elle présent une grande dissociation et un discours peu compréhensible teinté de délire thématique mystico-paranoïde.
Il convient de constater que ce comportement caractérise un risque grave de dommage immédiat ou imminent pour le patient ou un tiers et d'en déduire que la prolongation de la mesure d'isolement est nécessaire.
PAR CES MOTIFS
Le magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique, statuant sans audience selon la procédure écrite, par décision mise à disposition au greffe, susceptible d'appel devant le Premier Président de la Cour d'appel de Paris,
REJETONS les moyens d'irrégularité ou de nullité;
AUTORISONS LA PROLONGATION de la mesure d'isolement dont fait l’objet Madame [X] [Z] ;
Laissons les dépens de la présente à la charge de l'Etat ;
Ainsi fait et jugé à Evry le 10 Septembre 2024 à 15 heures 11 ;
Le juge
Henry MAPEL, Vice président
Vu au parquet le
le procureur de la République
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