Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE BOBIGNY
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
-
DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 24/06862 - N° Portalis DB3S-W-B7I-ZYYB
MINUTE: 24/1707
Nous, Hélène SAPEDE, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [Z] [E]
né le 10 Janvier 1985 à
[Adresse 1]
[Localité 3]
Etablissement d’hospitalisation: LE CENTRE [9], sis [Adresse 5]
présent assisté de Me Charlotte DINGA ATIPO, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice de LE CENTRE [9]
Absente
TIERS A L’ORIGINE DE L’HOSPITALISATION
Madame [N] [Y] [X]
Absente
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 26 août 2024
Le 17 août 2024, la directrice de LE CENTRE [9] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [Z] [E].
Depuis cette date, Monsieur [Z] [E] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de LE CENTRE [9].
Le 23 Août 2024, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [Z] [E].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 26 août 2024
A l’audience du 27 Août 2024, Me Charlotte DINGA ATIPO, conseil de Monsieur [Z] [E], a été entendu en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques
Vu le certificat médical établi le 17 août 2024 par le docteur [O], joint à la demande de soins formulée par un tiers caractérisant l’urgence du fait d’un déni de ses troubles par l’intéressé, amené aux urgences pour hétéro agressivité au domicile avec passages à l’acte sur des membres de la famille dans un contexte de rupture de traitement ;
Vu la décision de la directrice générale des CHI D’[Localité 4] et de [Localité 8] et du GHI [7] en date du 17 août 2024 prononçant l’admission de M. [Z] [E] en hospitalisation complète ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 18 août 2024 par le docteur [R], mentionnant des propos incohérents émaillés de délires mégalomaniaques et de persécution, avec une adhésion totale aux délires, un déni des troubles, une adhésion précaire aux soins et un risque de fugue ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 20 août 2024 établi par le docteur [I] relevant que si le patien st calme et d’humeur neutre, il y a une persistance de la symptomatologie délirante, et sa notification à l’intéressée ;
Vu la décision de la directrice de l’établissement en date du 20 août 2024, maintenant pour un mois à compter du 20 août 2024 l’hospitalisation complète de M. [Z] [E] ;
Vu la saisine du juge des libertés et de la détention par la directrice de l’établissement, reçue au greffe le 23 août 2024;
Vu l’avis motivé établi le 22 août 2024 par le docteur [P] ;
Vu les réquisitions écrites du Ministère Public en date du 26 août 2024 ;
Vu le débat contradictoire en date du 27 août 2024 ;
Aux termes de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1.
L’article L. 3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure, avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L. 3214-3 ou à compter de la décision par laquelle le directeur de l’établissement a modifié la forme de la prise en charge du patient en procédant à son hospitalisation complète.
Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L.3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L.3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
Il résulte des pièces du dossier, et notamment des avis médicaux, que Monsieur [Z] [E] présente des troubles mentaux qui rendent impossible son consentement et, notamment des délires de persécution par sa famille et une anosognosie de sa pathologie, et que son état mental impose des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
En conséquence, il convient d’ordonner la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [Z] [E].
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [10], au centre [6] situé [Adresse 2], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Ordonne la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [Z] [E]
Laisse les dépens à la charge de l’Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,
Fait et jugé à Bobigny, le 27 Août 2024
Le Greffier
Lucie BEAUROY-EUSTACHE
Le vice-président
Juge des libertés et de la détention
Hélène SAPEDE
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s’oppose :
Déclare faire appel :
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