Texte intégral
T R I B U N A L
JUDICIAIRE
D’EVRY
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Cabinet du magistrat du siège du tribunal judiciaire
Emilie ZUBER,
N° dossier: N° RG 24/03218 - N° Portalis DB3Q-W-B7I-QPWP
MINUTE N°
NAC : 14T
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE MESURE EN
MATIÈRE d'isolement
Article L. 3222-5-1 du code de la santé publique
Rendue le 25 Octobre 2024
Emilie ZUBER,, magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique statuant sans audience selon la procédure écrite de principe prévue aux articles L3211-12-2 et L3222-5-1 du Code de la santé publique;
Vu l'article 17 de la loi n° 2022-46 du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique, modifiant notamment l'article L3222-5-1 du Code de la santé publique ;
Vu le décret n° 2022-419 du 23 mars 2022 modifiant la procédure applicable devant le magristrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique en matière d’isolement et de contention mis en oeuvre dans le cadre de soins psychiatriques ;
Vu la décision de M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER [1] en date du 22 octobre 2024 plaçant en hospitalisation sous contrainte,
Monsieur [O] [U] [T]
représenté par Me Julie MAILLARD, avocat au barreau d'ESSONNE ;
Vu la décision médicale motivée du docteur [P] [Z]en date du 22 octobre 2024 plaçant en mesure d'isolement Monsieur [O] [U] [T] à compter du 22 octobre 2024 à 15h51;
Vu l'ordonnance du juge du tribunal judiciaire d’Evry autorisant la prolongation de la mesure d'isolementde Monsieur [O] [U] [T] en date du ;
Vu la demande du directeur de l'établissement psychatrique acceuillant le patient, enregistrée par le greffe le 25 Octobre 2024 par laquelle il sollicite l'autorisation de poursuivre la mesure d'isolement de Monsieur [O] [U] [T] ;
Vu la décision médicale motivée du docteur [P] [Z] du 25 octobre 2024 selon lequel la mesure d'isolement de Monsieur [O] [U] [T] doit être prolongée et que Monsieur [O] [U] [T] n’est pas auditionnable, ne peut être entendu(e)
Vu les réquisitions du MINISTÈRE PUBLIC déposées le 25 octobre 2024 ;
Vu les conclusions de Me Julie MAILLARD, pour Monsieur [O] [U] [T];
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur [O] [U] [T] a fait l'objet d'une hospitalisation complète au Centre hospitalier [1], depuis le 22 octobre 2024.
Monsieur [O] [U] [T] est soumis(e) à une mesure d'isolement sur le fondement de l’article L.3222-5-1 du code de la santé publique depuis le 22 octobre 2024 à 15h51.
Le directeur de l'établissement psychatrique acceuillant le patient a saisi le juge aux fins de statuer en faveur de la poursuite de la mesure d'isolement de l'intéressé.
Dans ses réquisitions, le Ministère public s’en rapporte à l’appréciation de la juridiction.
Dans ses conclusions, Me Julie MAILLARD représentant Monsieur [O] [U] [T] soutient que la procédure est irrégulière et que l'isolement n'est pas proportionné à l'état du patient.
Monsieur [O] [U] [T], malgré une demande en ce sens, n'a pas pu être joint par le juge des libertés et de la détention; le service dans lequel était placé l'intéressé a été joint, en vain.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Il convient de statuer selon la procédure écrite.
Sur la procédure:
La requête en prolongation saisissant le Juge est signée de Mme [W] [S], titulaire d'une délégation de signature du directeur de l'établissement, déposée au greffe du juge des libertés et de la détention, lui permettant de signer valablement les saisines du juge en matière de soins psychiatriques sous contrainte.
La requête a été adressée par voie électronique par l'établissement le 25 octobre 2024 à 14 h 08, soit dans les 72h de la mesure
Il résulte des mentions portées sur les certificats fournis que l'évaluation de l'état du patient a été réalisée toutes les 12 heures depuis le début de la mesure.
Les éléments médicaux fournis sont suffisants pour permettre au juge de statuer utilement.
L’examen des éléments soumis n’amène donc pas à relever de difficulté procédurale.
Sur le fond:
Le motif allégué de prolongation de la mesure d'isolement est justifié par les éléments portant sur la situation de santé mentale et le comportement du patient, étayé par les certificats médicaux produits, relevant que le patient a été hospitalisé le 22 octobre 2024 en raison de son hétéroagressivité dans un contexte de délire mystique et d epersécution.
Monsieur [O] [U] [T] a été placé à l'isolement le 22 ocotbre 2024 à 15h51 à l'hôpital. il est indiqué que le patient est "sédaté en raison d'une évaluation clinique de sa dangerosité" et qu'il s'agit de mettre en place une surveillance de comportement.
il convient de constater que si le certificat médical du 24 ocotbre 2024 à 15h14 fait de la persistance d'un risque d'hétéroagressivité, le certificat médical du 25 ocotbre 2024 à 13h21 indique que le patient est "en période d'observation avec élargissement des temps d'ouverture". il est souligné que le patient "semble craintif avec un doute sur un vécu persécutif à l'égard des autres patients".
Cette mention qui n'est pas étayée par des éléments circonstanciés ne peut suffire à caractériser l’existence d'un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou pour autrui auquel seul l'isolement, pratique de dernier recours, serait de nature à mettre fin ou à prévenir. Par conséquent, il n'est pas établi que la mesure d'isolement soit adaptée, nécessaire et proportionnée à la situation de la personne faisant l'objet de soins et il convient de constater son irrégularité, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les autres moyens de l'appelant.
Il convient d’ordonner la mainlevée de la mesure d'isolement ;
PAR CES MOTIFS
Le magistrat du siège du tribunal judiciaire d’ÉVRY - COURCOURONNES chargé du contrôle des mesures privatives et restriction de liberté prévues par le code de la santé publique, statuant sans audience selon la procédure écrite, par décision mise à disposition au greffe, susceptible d'appel devant le Premier Président de la Cour d'appel de Paris,
REJETONS les moyens d'irrégularité ou de nullité
DISONS que les conditions d'une prolongation de la mesure d'isolement ne sont pas réunies;
ORDONNONS LA MAINLEVÉE de la mesure d'isolement ;
RAPPELONS qu’une nouvelle mesure d'isolement ne peut intervenir dans les 48 prochaines heures, sauf élément nouveau.
Laissons les dépens de la présente à la charge de l'Etat ;
Ainsi fait et jugé à Evry le 25 Octobre 2024 à heures ;
Le juge
Emilie ZUBER,
Vu au parquet le
le procureur de la République
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