Tribunal judiciaire, 20 décembre 2024. 24/01287
Juridiction :
Tribunal judiciaire
Numéro de pourvoi :
24/01287
Date de décision :
20 décembre 2024
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Du 20 décembre 2024
5AA
PPP Référés
N° RG 24/01287 - N° Portalis DBX6-W-B7I-ZLHF
S.A. RESIDENCES LE LOGEMENT DES FONCTIONNAIRES
C/
[I] [H]
- Expéditions délivrées au dédendeur
- FE délivrée à
Me Corinne LAPORTE
Le 20/12/2024
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
Pôle protection et proximité
[Adresse 4]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 20 décembre 2024
PRÉSIDENT : M. Laurent QUESNEL,
GREFFIER : Monsieur Lionel GARNIER,
DEMANDERESSE :
S.A. RESIDENCES LE LOGEMENT DES FONCTIONNAIRES
[Adresse 7]
[Localité 6]
Représentée par Me Corinne LAPORTE (Avocat au barreau de BORDEAUX)
DEFENDERESSE :
Madame [I] [H]
[Adresse 2] [Adresse 8]
[Adresse 10] [Adresse 1]
[Localité 5]
Absente
( Présente à la première audience le 13 Septembre 2024)
DÉBATS :
Audience publique en date du 25 Octobre 2024
PROCÉDURE :
Articles 484 et suivants et 834 et suivants du Code de Procédure Civile
EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé en date du 23 janvier 2023, la SA [Adresse 9] a donné à bail à Madame [I] [H] un logement situé [Adresse 3] à [Localité 11].
Par acte de commissaire de justice du 5 juin 2023, la SA D'HLM RESIDENCES LE LOGEMENT DES FONCTIONNAIRES a fait délivrer à la locataire un commandement de payer la somme de 554,12 euros au titre de l’arriéré locatif, aux fins de mise en œuvre de la clause contractuelle de résiliation de plein droit du bail.
Par acte de commissaire de justice du 20 juin 2024, la SA [Adresse 9] a assigné Madame [I] [H] devant le juge des contentieux de la protection statuant en matière de référé auprès du tribunal judiciaire de Bordeaux à l’audience du 13 septembre 2024 aux fins de voir :
- Condamner Madame [I] [H] à payer la somme principale de 4409,58 euros avec intérêts de droit à compter de la mise en demeure,
- Faire jouer corrélativement la clause résolutoire pour non paiement insérée dans le bail et l’article 24 de la loi du 06 juillet 1989,
- Prononcer l’expulsion de Madame [I] [H] ainsi que de toute personne vivant sous son toit avec le concours de la force publique si besoin est,
- Allouer à la SA D'HLM RESIDENCES LE LOGEMENT DES FONCTIONNAIRES une indemnité égale au montant du loyer jusqu’à son départ effectif des lieux,
- Condamner Madame [I] [H] au paiement de la somme de 150 euros en vertu de l’article 700 du code de procédure civile,
- Condamner Madame [I] [H] au paiement des frais et dépens dans lesquels seront compris les frais accessoires, les frais de procédure et divers engagés jusqu’au jour de l’assignation conformément aux dispositions de l’article 696 du code de procédure civile.
L'affaire, initialement appelée à l'audience du 13 septembre 2024, a été renvoyée et finalement débattue à l’audience du 25 octobre 2024.
Lors de l’audience du 25 octobre 2024, la SA [Adresse 9], représentée par son conseil, expose que la dette locative s’élève désormais à la somme de 5907,48 euros au 18 septembre 2024 et confirme les termes de sa demande initiale.
En défense, Madame [I] [H], régulièrement assignée à domicile avec dépôt de l’acte en l’étude de commissaire de justice comparaît à la première audience du 13 septembre 2024 mais ne comparaît pas à celle du 25 octobre 2024.
La juridiction n’a pas été destinataire d’un diagnostic social et financier.
A l’issue de l’audience, la date du délibéré a été fixée au 20 décembre 2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la non-comparution de la défenderesse
En application des dispositions de l’article 469 du code de procédure civile, si, après avoir comparu, l'une des parties s'abstient d'accomplir les actes de la procédure dans les délais requis, le juge statue par jugement contradictoire au vu des éléments dont il dispose.
La défenderesse non comparante ayant été régulièrement informée du renvoi à l'audience du 25 octobre 2024 et ayant disposé d’un temps suffisant pour organiser sa défense, il y a lieu de statuer par ordonnance contradictoire et en premier ressort.
Sur la régularité de la procédure
Conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, l’assignation a été régulièrement notifiée au représentant de l’État dans le département par courrier électronique le 21 juin 2024, soit au moins six semaines avant la date de l’audience du 13 septembre 2024.
La bailleresse justifie également avoir saisi la Caisse d’allocations familiales en date du 1er juin 2023, de sorte qu’aux termes de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 modifié par la loi du 6 août 2015, la saisine de la CCAPEX est réputée constituée.
L’action aux fins de constat de la résiliation du bail est donc recevable et régulière.
Sur la résiliation du contrat de bail et l’expulsion
L’article 834 du code de procédure civile prévoit que, dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. L’absence de contestation sérieuse implique l’évidence de la solution qu’appelle le point contesté.
En outre, selon l’article 835 du même code, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
En vertu de l’article 7a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
Il ressort par ailleurs des dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 en sa version résultant de la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023 en vigueur à compter du 29 juillet 2023, que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement demeuré infructueux. Cependant, si le bail en cours au jour de la délivrance du commandement, prévoit, selon les dispositions anciennes de cet article, un délai de deux mois pour régulariser la dette à compter du commandement de payer, ce délai continue à régir les relations entre les parties, et le locataire dispose d’un délai de deux mois pour régulariser la dette et non de six semaines.
En l’espèce, le bail conclu entre les parties comporte une clause de résiliation de plein droit du bail pour défaut de paiement.
La SA [Adresse 9] a fait signifier à Madame [I] [H] un commandement d’avoir à payer la somme de 554,12 euros au titre des loyers échus, suivant exploit du 5 juin 2023. Ce commandement comporte les mentions obligatoires prescrites à peine de nullité à l’article 24 I de la loi du 6 juillet 1989.
Madame [I] [H] n’ayant pas, dans le délai légal de deux mois à compter de la délivrance du commandement du 5 juin 2023, ce manquement entraîne la résiliation du bail par le jeu de la clause de résiliation contractuelle qu’il y a lieu de constater à la date du 6 août 2023, en application de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 relative aux rapports locatifs.
En conséquence, la bailleresse est fondée à se prévaloir de la clause de résiliation emportant résiliation du bail acquise depuis le 6 août 2023.
Dès lors, Madame [I] [H] est occupante sans droit ni titre du logement depuis le 6 août 2023, ce qui constitue pour la SA D'HLM RESIDENCES LE LOGEMENT DES FONCTIONNAIRES un trouble manifestement illicite auquel il y a lieu de mettre fin en ordonnant la libération des lieux et, faute de départ volontaire, l’expulsion de la défenderesse à l’expiration du délai de deux mois à compter de la signification du commandement de quitter les lieux.
Une indemnité d’occupation équivalente au montant du loyer et charges courantes sera fixée à compter de la date d’effet de la résiliation du bail.
Sur la provision et les indemnités d’occupation
En application de l’article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent dans les cas où l’obligation n’est pas sérieusement contestable, accorder au créancier une provision ou ordonner l’exécution de l’obligation, même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En l’espèce, au soutien de sa demande, la SA [Adresse 9] produit un décompte actualisé, selon lequel sa créance s’établirait à la somme de 5907,48 euros à la date du 18 septembre 2024.
Cette créance n’étant pas sérieusement contestée ni contestable, Madame [I] [H] sera donc condamnée au paiement de la somme de 5907,48 euros à titre d’indemnité provisionnelle pour l’arriéré de loyers, charges locatives et indemnités d’occupation dus à la date du 18 septembre 2024 – échéance du mois de septembre 2024 incluse. Madame [I] [H] sera, en outre, condamnée au paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant du loyer courant et des charges (499,30 euros par mois à la date de l’audience), à compter du 1er octobre 2024 et jusqu’à la libération effective des lieux.
S’agissant d’une provision, cette somme portera intérêts au taux légal à compter du prononcé de la présente décision.
Sur le sort des meubles
En ce qui concerne le sort des meubles, il sera procédé selon les dispositions des articles L433-1 et L433-2 du Code des procédures civiles d’exécution.
Sur les dépens et l’article 700 du code de procédure civile
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie qui succombe est condamnée aux dépens. Ceux-ci seront donc mis à la charge de Madame [I] [H].
Aux termes de l’article 700 du même code, le juge condamne la partie tenue aux dépens à payer à l’autre partie, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, la somme qu’il détermine en tenant compte de l’équité. Il convient de condamner Madame [I] [H] à verser à la SA D'HLM RESIDENCES LE LOGEMENT DES FONCTIONNAIRES la somme de 150 euros.
Il convient de rappeler que l’exécution provisoire de la présente ordonnance est de droit.
PAR CES MOTIFS
Statuant en référé, par ordonnance mise à disposition au greffe, contradictoire et en premier ressort,
Au principal, RENVOYONS les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront, et dès à présent, vu l’urgence :
CONSTATONS l’acquisition de la clause de résiliation de plein droit au bénéfice de la bailleresse, à la date du 6 août 2023 ;
CONDAMNONS Madame [I] [H] à quitter les lieux loués situés [Adresse 3] à [Localité 11] ;
AUTORISONS, à défaut pour Madame [I] [H] d’avoir volontairement libéré les lieux, qu’il soit procédé à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef avec si nécessaire le concours de la force publique, deux mois après la délivrance d’un commandement de quitter les lieux conformément aux dispositions des articles L. 411-1 et L. 412-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
DISONS qu’en ce qui concerne le sort des meubles, il sera procédé selon les dispositions des articles L. 433-1 et L.433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
FIXONS une indemnité d’occupation égale au montant du loyer, révisable selon les dispositions contractuelles, et de la provision sur charges (499,30 euros par mois à la date de l’audience), augmentée de la régularisation au titre des charges dûment justifiées ;
CONDAMNONS Madame [I] [H] à payer à la SA [Adresse 9] la somme de 5907,48 euros à titre d’indemnité provisionnelle pour l’arriéré de loyers, charges locatives et indemnités d’occupation à la date du 18 septembre 2024 (échéance du mois de septembre 2024 incluse), avec intérêts au taux légal à compter de la date de la présente décision ;
CONDAMNONS Madame [I] [H] à payer à la SA D'HLM RESIDENCES LE LOGEMENT DES FONCTIONNAIRES, à compter du 1er octobre 2024 l’indemnité d’occupation mensuelle ci-dessus fixée, jusqu’à libération effective des lieux ;
CONDAMNONS Madame [I] [H] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer, de l’assignation et de la notification de l’assignation au représentant de l’État ;
CONDAMNONS Madame [I] [H] à payer à la SA [Adresse 9] une indemnité de 150 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
REJETONS le surplus des demandes ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit par provision ;
Ainsi jugé les jour, mois et an susdits.
LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX
DE LA PROTECTION
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