Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE CLERMONT-FERRAND
16, place de l'Étoile - CS 20005
63000 CLERMONT-FERRAND
☎ : 04.73.31.77.00
N° RG 24/00236 - N° Portalis DBZ5-W-B7I-JP7H
NAC : 5AA 0A
JUGEMENT
Du : 12 Décembre 2024
S.A. AUVERGNE HABITAT
Rep/assistant : Mme [C] (Salarié)
munie d'un pouvoir
C /
Madame [H] [M]
Monsieur [E] [X]
GROSSE DÉLIVRÉE
LE : 12 Décembre 2024
A :
S.A. AUVERGNE HABITAT
C.C.C. DÉLIVRÉES
LE : 12 Décembre 2024
A :
S.A. AUVERGNE HABITAT
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT
Sous la Présidence de Grégoire KOERCKEL, Juge des contentieux de la protection, assisté de Lucie METRETIN, Greffier lors des débats et de Sameh BENHAMOUDA, Greffier lors du prononcé ;
Après débats à l'audience du 24 Octobre 2024 avec mise en délibéré pour le prononcé du jugement au 12 Décembre 2024, le jugement suivant a été rendu par mise à disposition au greffe ;
ENTRE :
DEMANDEUR :
S.A. AUVERGNE HABITAT, dont le siège social est 16 boulevard Charles de Gaulle - 63000 CLERMONT-FERRAND, pris en la personne de son représentant légal en exercice domicilié en cette qualité audit siège,
Représentée par Mme [S] [C], munie d'un pouvoir spécial
ET :
DÉFENDEURS :
Madame [H] [M], demeurant 4 avenue Maréchal Leclerc - La Pergola, Bat. 01, Appt. 123, 2 étage - 63110 BEAUMONT
non comparante, ni représentée
Monsieur [E] [X], demeurant 4 avenue du Maréchal Leclerc - La Pergola, Bat. 01, Appt. 123, 2ème étage - 63110 BEAUMONT
non comparant, ni représenté
EXPOSÉ DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé en date du 9 avril 2021, la SA Auvergne Habitat a donné à bail à [H] [M] et [E] [X] un logement situé 4 Avenue Maréchal Leclerc - La Pergola - Bâtiment 1 - Appartement 123 à BEAUMONT (63110), moyennant le paiement d’un loyer mensuel de 414,81 euros hors charges.
Suivant additif en date du 19 mai 2021, la SA Auvergne Habitat a également donné à bail à [H] [M] et [E] [X] une place de parking N°15 située 4 Avenue Maréchal Leclerc - La Pergola à BEAUMONT (63110) moyennant le paiement d'un loyer mensuel de 25,87 euros hors charges.
Le 8 décembre 2023, la bailleresse a fait signifier aux locataires un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail, pour un montant en principal de 1967,17 euros.
La commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives a été informée de la situation de [H] [M] et [E] [X] le 6 décembre 2023.
Par acte de commissaire de justice en date du 18 mars 2024, la SA Auvergne Habitat a fait assigner [H] [M] et [E] [X] devant le Juge des Contentieux de la Protection de CLERMONT-FERRAND aux fins de voir, sous le bénéfice de l'exécution provisoire de droit :
- constater le jeu de la clause résolutoire prévue au bail d'habitation conclu entre eux faute pour les locataires de s'être acquittés des causes du commandement dans les délais impartis,
- ordonner leur expulsion et celle de tout occupant de leur chef, si besoin est, avec le concours de la force publique,
- condamner [H] [M] et [E] [X] à lui payer solidairement les sommes suivantes :
* 3946,71 euros au titre de l’arriéré locatif arrêté au 23 janvier 2024,
* 1944 euros à titre d'indemnité mensuelle d'occupation à compter de la résiliation du bail jusqu’à leur libération effective des lieux, outre la somme de 400 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de Procédure Civile ainsi qu’aux entiers dépens de l’instance.
Cette assignation a été notifiée au représentant de l'Etat dans le département le 18 mars 2024.
Lors de l'audience, la SA Auvergne Habitat maintient ses demandes initiales, sauf à préciser qu'en vertu d’un décompte arrêté au 22 octobre 2024 l’arriéré s’élève désormais à la somme de 587,73 euros.
[H] [M] et [E] [X], assignés en l'étude du commissaire de justice, n'ont pas comparu.
Le diagnostic social et financier censé récapituler la situation sociale et familiale des locataires n'est pas parvenu au greffe de la juridiction avant l'audience.
En application de l'article 24 V de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le Juge des Contentieux de la Protection a invité la partie comparante, à lui produire tous éléments relatifs à l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au sens du livre VII du Code de la Consommation.
La SA Auvergne Habitat a précisé n'avoir pas été avisée de l’existence d’une procédure de traitement du surendettement au profit de [H] [M] et [E] [X].
MOTIFS DE LA DÉCISION
Selon l'article 472 du Code de Procédure Civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s'il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
[H] [M] et [E] [X] ont été assignés en l'étude du commissaire de justice et ne se sont pas présentés à l'audience ni personne pour eux. La décision étant susceptible d'appel, il y a lieu de statuer par jugement réputé contradictoire en application de l'article 474 du Code de Procédure Civile.
Sur la résiliation et l'expulsion
L'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa version issue de la loi N°2023-668 du 27 juillet 2023 prévoit que tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.
Toutefois, il est admis que l’article 10 de la loi N°2023-668 du 27 juillet 2023 ayant réduit à six semaines le délai minimal accordé au locataire pour apurer sa dette n’est pas immédiatement applicable aux contrats en cours de sorte que ceux-ci demeurent régis par les stipulations des parties telles qu'encadrées par la loi en vigueur au jour de la conclusion du bail (avis de la Cour de Cassation du 13 juin 2024 - Pourvoi N°24-70.002). Dans ces conditions, il y a lieu de faire application du délai de deux mois prévu par la clause de résiliation de plein droit insérée au contrat de bail.
Or, la SA Auvergne Habitat justifie avoir régulièrement signifié le 8 décembre 2023 un commandement de payer visant la clause résolutoire ainsi que les dispositions des articles 24 de la loi du 6 juillet 1989 et 6 de la loi du 31 mars 1990, pour un montant de 1967,17 euros. Il est en outre établi, au vu des éléments fournis, que ce commandement est resté au moins partiellement infructueux.
En conséquence, la résiliation du bail et de son additif est acquise de plein droit à compter du 8 février 2024.
[H] [M] et [E] [X] sont désormais occupants sans droit ni titre du fait de la résiliation du contrat de bail. Or, la SA Auvergne Habitat, propriétaire de l'immeuble ainsi occupé indûment a vocation à en retrouver la libre disposition. Il y a donc lieu d'ordonner l'expulsion de [H] [M] et [E] [X] ainsi que celle de tous occupants de leur chef.
Sur la demande en paiement de l’arriéré locatif
Il résulte de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 ainsi que des stipulations du bail que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.
La SA Auvergne Habitat produit un décompte arrêté au 22 octobre 2024 établissant l’arriéré locatif à la somme de 587,73 euros.
Au vu des justificatifs fournis, la créance de la SA Auvergne Habitat est établie tant dans son principe que dans son montant. [H] [M] et [E] [X] seront donc condamnés à lui payer, solidairement en application des stipulations du bail, la somme établie au titre de cet arriéré.
La créance ainsi établie portera intérêt au taux légal, en application de l'article 1231-6 du Code Civil, à compter du commandement de payer du 8 décembre 2023.
Sur la demande en paiement d'une indemnité d'occupation
[H] [M] et [E] [X] sont désormais occupants sans droit ni titre. Cette occupation illicite cause manifestement et nécessairement un préjudice au bailleur qui doit être réparé par l'allocation d'une indemnité d'occupation qui sera fixée par référence au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail dans la limite de la demande formée par la SA Auvergne Habitat, soit la somme mensuelle de 609,25 euros. Cette indemnité sera due solidairement par [H] [M] et [E] [X] en application des stipulations du bail.
Sur les autres demandes
[H] [M] et [E] [X], qui succombent à l’instance, devront supporter in solidum la charge des dépens et celle des frais énoncés à l'article 700 du Code de Procédure Civile qu'il apparaît conforme à l'équité de fixer à la somme de 250 euros.
Par ailleurs, la présente décision est de droit exécutoire à titre provisoire en application de l'article 514 du Code de Procédure Civile.
PAR CES MOTIFS,
Le Juge des Contentieux de la Protection,
Statuant publiquement par jugement réputé contradictoire en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe,
CONSTATE la résiliation du bail conclu le 9 avril 2021 (en ce compris son additif du 19 mai 2021) entre la SA Auvergne Habitat, [H] [M] et [E] [X] à compter du 8 février 2024,
ORDONNE, faute de départ volontaire incluant la restitution des clefs, l'expulsion de [H] [M] et [E] [X] ainsi que tout occupant de leur chef, du local sis 4 Avenue Maréchal Leclerc - La Pergola - Bâtiment 1 - Appartement 123 à BEAUMONT (63110) ainsi que de la place de parking n°15 sis 4 Avenue Maréchal Leclerc - La Pergola à BEAUMONT (63110), si besoin est avec l'assistance de la force publique et d'un serrurier, dans les formes et délais prévus par les articles L. 431-1 et suivants et R. 411-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, et conformément à l’article L. 433-1 du même code, à procéder à l’enlèvement de tous les biens mobiliers garnissant les lieux loués et à les faire entreposer dans tel local de son choix aux frais et périls des parties expulsées,
CONDAMNE [H] [M] et [E] [X] à payer solidairement à la SA Auvergne Habitat la somme de 587,73 euros au titre de l’arriéré locatif arrêté au 22 octobre 2024, comprenant les loyers, charges et indemnités d'occupation jusqu'à l'échéance du mois de septembre 2024 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du 8 décembre 2023,
FIXE l'indemnité d'occupation sans droit ni titre due solidairement par [H] [M] et [E] [X] à la somme mensuelle de 609,25 euros, à compter de la résiliation du bail et au besoin les CONDAMNE à verser à la SA Auvergne Habitat ladite indemnité mensuelle à compter du mois d'octobre 2024 et jusqu'à complète libération des lieux,
CONDAMNE [H] [M] et [E] [X] à payer in solidum à la SA Auvergne Habitat la somme de 250 euros sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile ainsi qu'aux dépens comprenant le coût de l'assignation, du commandement de payer du 8 décembre 2023 et celui de la notification de l'assignation au représentant de l'Etat dans le département,
RAPPELLE que la présente décision est de droit exécutoire à titre provisoire,
DÉBOUTE la SA Auvergne Habitat du surplus de ses demandes.
Ainsi fait, jugé et mis à disposition au greffe de la juridiction aux jour, mois et année susdits. En foi de quoi le jugement a été signé par le Juge des Contentieux de la Protection et le greffier.
Le Greffier Le Juge des Contentieux de la Protection
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