Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
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Le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire
NOTE D’AUDIENCE
Articles L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20 du CESEDA
Audience publique
DATE D’AUDIENCE : 06 Novembre 2024
DOSSIER : N° RG 24/02380 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y5QN - M. LE PREFET DU NORD / M. [I] [Y] [T]
MAGISTRAT : Amaria TLEMSANI
GREFFIER : Clémence ROLET
DEMANDEUR :
M. LE PREFET DU NORD
Représenté par Maître Hedi RAHMOUNI (ACTIS)
DEFENDEUR :
M. [I] [Y] [T]
Assisté de Maître Murielle LHONI, avocat commis d’office
En présence de Mme [C] [N], interprète en langue arabe,
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DÉROULEMENT DES DÉBATS
L’intéressé confirme son identité.
Le représentant de l’administration, entendu en ses observations ;
L’avocat soulève le moyen suivant :
- critère de la menace à l’ordre public déjà purgé (cf dernière ordonnance rendue)
- pas d’obstruction dans les 15 derniers jours
- pas de perspective d’éloignement à bref délai
Le représentant de l’administration répond à l’avocat ;
L’intéressé entendu en dernier déclare : “J’étais scolarisé cette année et je souhaite continuer mes études, je suis en bac pro électricien à [Localité 6]. J’habite à [Localité 4] dans un foyer [1] avec mes parents. Mes parents ne sont pas venus me voir en rétention, ils ne peuvent pas venir ils m’ont pas de papiers non plus. Je suis arrivé en France en 2018 avec ma famille.”
DÉCISION
Sur la demande de maintien en rétention :
o RECEVABLE o IRRECEVABLE
o 2nde PROROGATION EXCEPTIONNELLE o REJET o ASSIGNATION A RÉSID.
Le greffier Le magistrat délégué
Clémence ROLET Amaria TLEMSANI
COUR D’APPEL DE DOUAI
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
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Le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire
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Dossier n° N° RG 24/02380 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y5QN
ORDONNANCE STATUANT SUR LA SECONDE PROROGATION EXCEPTIONNELLE D’UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE
Articles L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20 du CESEDA
Nous, Amaria TLEMSANI, Juge des libertés et de la détention, magistrat délégué par la présidente du Tribunal judiciaire de LILLE, assisté de Clémence ROLET, greffier ;
Vu les dispositions des articles suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) :
- L.614-1, L.614-13, L.741-10, L.743-5, L.743-20
- L. 741-1, L.741-4, L.741-5, L.741-7, L.744-1, L.751-9, L.751-10
- L. 743-14, L.743-15, L.743-17
- L. 743-19, L. 743-25
- R. 741-3
- R.742-1, R. 743-1 à R. 743-8, R. 743-21
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 23/08/2024 par M. LE PREFET DU NORD ;
Vu l’ordonnance de maintien en rétention rendue par le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judicaire de Lille, le 27/08/2024 ;
Vu l’ordonnance de prorogation rendue par le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judicaire de Lille en date du 22/09/2024 et prononçant la prorogation de la rétention pour une durée de trente jours ;
Vu l’ordonnance de première prorogation exceptionnelle rendue par le magistrat délégué par la présidente du Tribunal judicaire de Lille en date du 22/10/2024 et prononçant une prorogation exceptionnelle de quinze jours;
Vu la seconde requête en prorogation exceptionnelle de l’autorité administrative en date du 05/11/2024 reçue et enregistrée le 05/11/2024 à 08h59 (cf. Timbre du greffe) tendant à la prorogation de la rétention de M. [I] [Y] [T] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée de quinze jours ;
Vu l’extrait individualisé du registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA émargé par l’intéressé ;
PARTIES
AUTORITE ADMINISTRATIVE QUI A ORDONNE LE PLACEMENT EN RETENTION
M. LE PREFET DU NORD
préalablement avisé, représenté par Maître Hedi RAHMOUNI (cabinet ACTIS)
PERSONNE RETENUE
M. [I] [Y] [T]
né le 04 Février 2001 à [Localité 5] (ALGERIE)
de nationalité Algérienne
actuellement maintenu en rétention administrative
préalablement avisé et présent à l’audience,
Assisté de Maître Murielle LHONI, avocat commis d’office
En présence de Mme [C] [N], interprète en langue arabe,
LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE, préalablement avisé n’est pas présent à l’audience.
DÉROULEMENT DES DÉBATS
A l’audience publique, le magistrat délégué a procédé au rappel de l’identité des parties ;
Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l’avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ;
L’intéressé a été entendu en ses explications ;
Le représentant du préfet a été entendu en ses observations ;
L’avocat a été entendu en sa plaidoirie ;
Le représentant du préfet ayant répondu à l’avocat ;
L’étranger ayant eu la parole en dernier ;
EXPOSE DU LITIGE
Par décision en date du 23 août 2024 notifiée le même jour à 16 h 40, l’autorité administrative a ordonné le placement de Monsieur [I] [Y] [T], né le 4 février 2001 à [Localité 5] (ALGERIE), se disant de nationalité algérienne, en rétention dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire.
Par décision rendue le 29 août 2024, le premier président de la Cour d’appel de DOUAI a confirmé la décision du magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE ayant ordonné la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [T] pour une durée maximale de vingt-huit jours.
Par décision en date du 22 septembre 2024, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE a ordonné la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [T] pour une durée maximale de trente jours.
Par décision en date du 22 octobre 2024, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE a ordonné une première prorogation exceptionnelle de la rétention administrative de Monsieur [T] pour une durée15 jours.
Par requête en date du 5 novembre 2024, reçue à 13 h 38, l’autorité administrative a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de LILLE aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée supplémentaire de quinze jours.
A l'audience de ce jour, la représentant de la préfecture soutient sa demande au moyens suivants: -Monsieur [T] a un passeport algérien périmé depuis 2023. Il est connu pour des infractions relatives au stupéfiants et pour des procédures d'apologie du terrorisme ;
- Monsieur [T] refuse systématiquement les prises d'empreintes ;
- Il a refusé trois fois de se faire auditionner par ses autorités consulaires en septembre ;
- Il a opposé un quatrième refus le 11 octobre dernier à son audition par ses autorités consulaires. Une nouvelle audition a été sollicitée le 25 octobre 2024 pour un entretien le 15 novembre 2024.
Par ailleurs, est soulevé l’obstruction systématique de l’intéressé et l’absence de pouvoir de contrôle à l’égard des autorités consulaires.
Le conseil de Monsieur [T] sollicite pour sa part le rejet de la prolongation de la rétention sur les moyens suivants :
la menace à l'ordre public n'est pas caractérisée au vu de la dernière motivation du JLD ;le critère de l’obstruction dans les 15 jours n’est pas caractérisé;- L’absence de perspective de délivrance à bref délai ;
A l’audience, monsieur [T] indique qu’il était scolarisé à [Localité 6] et vivait à [Localité 4] avec ses parents dans un foyer [1]. Il précise être arrivé en France en 2018 en famille.
MOTIFS DE LA DÉCISION
2ième PROLONGATION EXCEPTIONNELLE DE LA RÉTENTION
L’article L742-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose :
“A titre exceptionnel, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l'article L. 742-4, lorsqu'une des situations suivantes apparait dans les quinze derniers jours :
1° L'étranger a fait obstruction à l'exécution d'office de la décision d'éloignement ;
2° L'étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d'éloignement :
a) une demande de protection contre l'éloignement au titre du 5° de l'article L. 631-3 ;
b) ou une demande d'asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ;
3° La décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé et qu'il est établi par l'autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai.
Le juge peut également être saisi en cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public.
L'étranger est maintenu en rétention jusqu'à ce que le juge ait statué.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d'une durée maximale de quinze jours.”
La menace à l’ordre public figure donc au titre des critères pouvant être invoqués par l’administration à l’occasion des troisième et quatrième prolongations de la mesure de rétention, lesquelles imposent, compte tenu de leur caractère dérogatoire et exceptionnel, une vigilance particulière sur les conditions retenues pour qualifier cette menace qui doit nécessairement se fonder sur des éléments positifs, objectifs et démontrés par l’administration.
Cette condition a pour objectif manifeste de prévenir, pour l’avenir, les agissements dangereux commis par des personnes en situation irrégulière sur le territoire national.
Le juge apprécie in concreto la caractérisation de la menace pour l’ordre public, au regard d’un faisceau d’indices permettant, ou non, d’établir la réalité des faits, la gravité, la récurrence ou la réitération, et l’actualité de la menace selon le comportement de l’intéressé et, le cas échéant, sa volonté d’insertion ou de réhabilitation.
Par ailleurs, l’analyse de l’article L742-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile permet de déduire que les éléments constitutifs de la menace à l’ordre public n’ont pas à être apparus au cours des quinze derniers jours de la rétention dans l’hypothèse d’une demande de troisième ou d’une quatrième prolongation. Ajouter une telle exigence au texte viderait ce dernier de toute sa substance.
Ce critère de la menace à l’ordre public ou d’urgence absolue est un critère autonome.
En l’espèce, ce critère a déjà été valablement écarté par la décision du juge du siège rendue le 22 octobre 2024. Il ne peut donc valablement être réactivé au stade de l’ultime prolongation de 15 jours. Il sera donc à nouveau écarté.
S’agissant d’une éventuelle obstruction de Monsieur [T] à la procédure d'éloignement.
Il est établi que Monsieur [T] s'est opposé à plusieurs reprises à sa signalisation et qu'il a plusieurs fois refusé d'être présenté à ses autorités consulaires.
Monsieur [T] devait être une nouvelle fois présenté au consul d'ALGERIE le 11 octobre dernier et a catégoriquement refusé de se rendre à cette présentation invoquant le fait qu'il était alors malade.
Il s’agit ici de la dernière obstruction caractérisée, aucune nouvelle obstruction de l’intéressé n’étant caractérisée dans les quinze derniers jours.
Ce critère sera donc également écarté.
Enfin, s’agissant d’une délivrance à bref délai des documents de voyage si le 4 novembre 2024, le consultat d’Algérie était à nouveau aux fins de présentation et d’identification de Monsieur [T] pour un éventuel entretien susceptible d’intervenir le 15 novembre 2024,
l’identité de Monsieur [T] n’a pas été confirmée si bien que rien ne permet d’envisager utilement un éloignement effectif de l’intéressé dans le court temps de rétention qui reste à courir.
En l’absence à ce jour de tout document, rien ne permet d’établir que la procédure d’identification est sur le point d’aboutir.
Par conséquent, la préfecture n’établissant pas que la délivrance des documents de voyage doit intervenir à bref délai, les conditions posées par l’article L741-5 pour une troisième prolongation exceptionnelle de la rétention de Monsieur [T] ne sont pas en l’espèce réunies.
En conséquence, il ne sera pas fait droit à la demande de l'administration.
PAR CES MOTIFS :
Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l’exécution provisoire,
DÉCLARONS recevable la requête en prorogation exceptionnelle de la rétention administrative ;
DISONS N’Y AVOIR LIEU A SECONDE PROROGATION EXCEPTIONNELLE de la rétention de M. [I] [Y] [T] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire ;
RAPPELONS qu’il a l’obligation de quitter le territoire national ;
Fait à LILLE, le 06 Novembre 2024
Notifié ce jour à h mn
LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE
La présente ordonnance mettant fin à la rétention ou assignant l’étranger à résidence, a été notifiée par mail au procureur de la République, ce jour à h mn
LE GREFFIER
NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES
DOSSIER : N° RG 24/02380 - N° Portalis DBZS-W-B7I-Y5QN -
M. LE PREFET DU NORD / M. [I] [Y] [T]
DATE DE L’ORDONNANCE : 06 Novembre 2024
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance aux parties, qui en émargeant ci-après, attestent en avoir reçu copie et les avisons de la possibilité de faire appel, devant le Premier président de la cour d’appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de son prononcé ; les informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 3]; leur indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d’appel ou son délégué.
Information est donnée à M. [I] [Y] [T] qu’il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu’il est mis fin à sa rétention ou lors d’une assignation à résidence. Durant cette période, l’intéressé peut, s'il le souhaite, contacter son avocat et un tiers, rencontrer un médecin et s'alimenter.
Traduction orale faite par l’interprète.
LE REPRESENTANT DU PREFET L’INTERESSE
notifié par mail ce jour Présent en visioconférence
L’INTERPRETE LE GREFFIER
L’AVOCAT
notifié par mail ce jour
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RÉCÉPISSÉ
M. [I] [Y] [T]
retenu au Centre de Rétention de [Localité 2]
reconnait avoir reçu notification de ladite ordonnance en date du 06 Novembre 2024
date de remise de l’ordonnance :
le :
signature de l’intéressé
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