Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE BOBIGNY
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
-
DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 24/06863 - N° Portalis DB3S-W-B7I-ZYYK
MINUTE: 241708
Nous, Hélène SAPEDE, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Madame [X] [F]
née le 12 Mars 2004 à [Localité 5]
[Adresse 1]
[Localité 4]
Etablissement d’hospitalisation: L’EPS DE [7], sis [Adresse 3]
présente assistée de Me Belkacem MARMI, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice de L’EPS DE [7]
Absente
TIERS A L’ORIGINE DE L’HOSPITALISATION
Madame [S] [T]
Absente
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 26 août 2024
Le 20 août 2024, la directrice de L’EPS DE [7] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Madame [X] [F].
Depuis cette date, Madame [X] [F] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [7].
Le 23 Août 2024, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Madame [X] [F].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 26 août 2024
A l’audience du 27 Août 2024, Me Belkacem MARMI, conseil de Madame [X] [F], a été entendu en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques
Vu le certificat médical établi le 19 août 2024 par le docteur [E], joint à la demande de soins du tiers caractérisant l’urgence suite à la tentative de suicide médicamenteuse de l’intéressée ;
Vu la décision de la directrice générale de l’établissement public de santé de [7] en date du 20 août 2024 prononçant l’admission de Mme [X] [F] en hospitalisation complète ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 20 août 2024 par le docteur [G], mentionnant une persistance des idées noires sans intentionnalité suicidaire, des troubles du sommeil, et une ébauche de critique, encore fragile, du passage à l’acte auto-agressif, et sa notification à l’intéressées ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 21 août 2024 établi par le docteur [N] relevant que si la patiente est moins angoissée, l’humeur est morose, le discours reste pauvre, sans critique du passage à l’acte, avec une persistance de l’ambivalence aux soins, et sa notification à l’intéressée ;
Vu la décision de la directrice de l’établissement en date du 21 août 2024, maintenant pour un mois à compter du 21 août 2024 l’hospitalisation complète de Mme [X] [F] ;
Vu la saisine du juge des libertés et de la détention par la directrice de l’établissement, reçue au greffe le 23 août 2024;
Vu l’avis motivé établi le 26 août 2024 par le docteur [K] ;
Vu les réquisitions écrites du Ministère Public en date du 26 août 2024 ;
Vu le débat contradictoire en date du 27 août 2024 ;
Aux termes de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1.
L’article L. 3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure, avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L. 3214-3 ou à compter de la décision par laquelle le directeur de l’établissement a modifié la forme de la prise en charge du patient en procédant à son hospitalisation complète.
Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L.3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L.3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
Il résulte des pièces du dossier, et notamment des avis médicaux joints à la requête, que Madame [X] [F] présente des troubles anxio-dépressifs résistants, favorisés par la perte de son emploi et dans un contexte de consommation de produits psychodysleptiques, avec une persistance du risque suicidaire, qui rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
En conséquence, il convient d’ordonner la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Madame [X] [F].
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [7], au centre [6] situé [Adresse 2], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Ordonne la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Madame [X] [F]
Laisse les dépens à la charge de l’Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,
Fait et jugé à Bobigny, le 27 Août 2024
Le Greffier
Lucie BEAUROY-EUSTACHE
Le vice-président
Juge des libertés et de la détention
Hélène SAPEDE
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s’oppose :
Déclare faire appel :
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