Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de LILLE
[Localité 6]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 23/08975 - N° Portalis DBZS-W-B7H-XSVD
N° de Minute : BX24/00622
JUGEMENT
DU : 05 Septembre 2024
LILLE METROPOLE HABITAT
C/
[R] [G]
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 05 Septembre 2024
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR(S)
LILLE METROPOLE HABITAT dont le siège social est sis [Adresse 4] - [Localité 7]
représentée par MME [N], munie d'un mandat écrit
ET :
DÉFENDEUR(S)
M. [R] [G], demeurant [Adresse 3] - [Localité 5]
représenté par Me Marie TOURNEUX, avocat au barreau de LILLE
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L'AUDIENCE PUBLIQUE DU 16 Mai 2024
Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Mahdia CHIKH, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 05 Septembre 2024, date indiquée à l'issue des débats par Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Chelbia HADDAD, Greffier
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte du 24 janvier 2022, LILLE METROPOLE HABITAT a donné en location à Monsieur [R] [G] un immeuble à usage d'habitation situé à [Localité 8], [Adresse 3].
Suivant acte du 28 février 2022, LILLE METROPOLE HABITAT a donné en location à Monsieur [R] [G] un stationnement situé à [Localité 8], [Adresse 2].
Le 8 septembre 2022, LILLE METROPOLE HABITAT a fait signifier à Monsieur [R] [G] un commandement de justifier d'une assurance locative et de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire.
Par exploit d'huissier du 26 septembre 2023, LILLE METROPOLE HABITAT a fait assigner Monsieur [R] [G], pour l'audience du trente Novembre deux mil vingt trois, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, aux fins de :
- constater et à défaut prononcer la résiliation des baux portant sur l'immeuble et le stationnement pour défaut de paiement des loyers et des charges ;
- prononcer l'expulsion de Monsieur [R] [G] ;
- le condamner au paiement :
- de la somme de 2661,86 euros au titre des loyers et charges impayés au titre du logement et du stationnement avec intérêts au taux légal;
- d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et des charges, pour le logement ainsi que pour le parking dont le montant pourra être réajusté au cas où les charges réelles dépasseraient 12 fois le montant de la provision jusqu'à la libération effective des lieux ;
- de la somme de 152 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ;
- condamner Monsieur [R] [G] aux entiers dépens ;
- ordonner l'exécution provisoire.
A l'audience, LILLE METROPOLE HABITAT a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance, sauf à actualiser le montant de l'arriéré pour le logement et le stationnement à la somme de 6357,24 euros. Le bailleur indique ne pas s'opposer à une demande de délais de paiement.
Monsieur [R] [G] a sollicité des délais de paiement, proposant de s'acquitter de sa dette par versements mensuels de 40 euros pendant les 12 premiers mois, 70 euros du 13ème au 35ème mois, et le solde lors de la 36ème échéance.
Il est expressément fait référence aux conclusions de Monsieur [G] visées le 8 février 2024.
L'affaire a été mise en délibéré au 05 Septembre 2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité :
Le bailleur justifie avoir saisi la CAF le 6 septembre 2022 puis avoir notifié au préfet du Nord, le 27 septembre 2023 l'assignation visant à obtenir l'expulsion, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Son action est donc recevable.
Sur la demande de résiliation du bail :
- pour le logement
Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire et pour défaut de paiement du loyer et des charges.
La dette n'a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.
Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail étaient réunies à la date du 8 novembre 2022.
- pour le stationnement
Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges.
La dette n'a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.
Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail étaient réunies à la date du 8 novembre 2022.
Sur les sommes dues :
- pour le logement
Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers et charges impayés, s'élevait, au 30 avril 2024, à la somme de 6147,97 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.
- pour le parking
Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers et charges impayés, s'élevait, au 30 avril 2024, à la somme de 209,27 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.
En conséquence, Monsieur [R] [G] sera donc condamné à payer en deniers ou quittances valables à LILLE METROPOLE HABITAT la somme de 6147,97 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 30 avril 2024 et la somme de 209,27 euros au titre de l'arriéré locatif pour le parking arrêté au 30 avril 2024.
Les intérêts sont dus au taux légal à compter du présent jugement.
Sur les délais de paiement :
Monsieur [R] [G] sollicite des délais de paiement et offre de s'acquitter de sa dette par versements mensuels de 40 euros pendant les 12 premiers mois, 70 euros du 13ème au 35ème mois, et le solde lors de la 36ème échéance.
Au regard de la situation financière de Monsieur [R] [G], il convient de lui accorder la possibilité de régler sa dette par mensualités de 35 euros pendant les 12 premiers mois, 65 euros du 13ème au 35ème mois, et le solde le 36ème mois pour le logement et de 5 euros pour le stationnement et de suspendre les effets de la clause résolutoire en soulignant toutefois que dès le premier impayé, soit de cette mensualité, soit du loyer courant, la totalité de la dette redeviendra exigible et l'expulsion pourra alors être poursuivie sans nouvelle décision.
Sur l'indemnité mensuelle d'occupation :
Dans l'hypothèse où Monsieur [R] [G] ne respecterait pas les délais qui lui ont été accordés par le juge, l'occupation des lieux deviendrait illégitime, causant au bailleur un préjudice qu'il convient de réparer en condamnant le locataire, devenu occupant sans titre, à lui payer une indemnité d'occupation mensuelle d'un montant égal à celui du loyer et des charges qui aurait été dû en l'absence de résiliation du bail, soit 375,57 euros pour le logement et 16,22 euros pour le stationnement jusqu'à la libération effective et définitive des lieux.
Sur les demandes accessoires :
Monsieur [R] [G], qui succombe, supportera les entiers dépens.
La situation de Monsieur [G] justifie l'octroi de l'Aide Juridictionnelle Provisoire.
L'équité commande par contre de laisser à la charge du bailleur les frais irrépétibles non compris dans les dépens et la demande présentée au titre de l'article 700 du code de procédure civile sera donc rejetée.
L'article 514 du code de procédure civile dispose désormais que : " les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement ".
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement Contradictoire et en premier ressort ;
Déclare l'action de LILLE METROPOLE HABITAT recevable ;
Constate que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 24 janvier 2022 entre LILLE METROPOLE HABITAT et Monsieur [R] [G] concernant l'immeuble situé à [Localité 8], [Adresse 3] sont réunies à la date du 8 novembre 2022;
Constate que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 28 février 2022 entre LILLE METROPOLE HABITAT et Monsieur [R] [G] concernant le stationnement situé à [Localité 8], [Adresse 2], sont réunies à la date du 8 novembre 2022;
Condamne Monsieur [R] [G] à payer en deniers ou quittances valables à LILLE METROPOLE HABITAT, la somme de 6147,97 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 30 avril 2024 et la somme de 209,27 euros au titre de l'arriéré locatif pour le parking arrêté au 30 avril 2024, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;
Autorise Monsieur [R] [G] à payer sa dette de 6147,97 euros, en principal par mensualités de 35 euros pendant les 12 premiers mois, 65 euros du 13ème au 35ème mois, et le solde le 36ème mois ;
Dit que ces mensualités devront être payées le 15 de chaque mois et pour la première fois le 15 du mois suivant la signification de la présente décision ;
Autorise Monsieur [R] [G] à payer sa dette de 209,27 euros, en principal par mensualités de 5 euros ;
Dit que ces mensualités devront être payées le 15 de chaque mois et pour la première fois le 15 du mois suivant la signification de la présente décision , le solde étant payé le 36ème mois ;
Rappelle que les mensualités sont payables en plus du loyer courant ;
Suspend les effets de la clause résolutoire pendant l'exécution des délais ;
Dit que si les délais sont respectés la clause résolutoire sera réputée n'avoir jamais joué ;
Dit qu'en revanche, en cas de non paiement d'une seule de ces mensualités, l'intégralité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire sera automatiquement acquise à compter de la date de la première de ces mensualités impayées ;
Dit que dans ce cas, à défaut d'avoir quitté les lieux dont il s'agit dans les deux mois du commandement de délaisser, Monsieur [R] [G] ou tout occupant de son chef pourra être expulsé, et ce, si besoin est, avec le concours de la Force Publique ;
Condamne Monsieur [R] [G], au cas où la clause résolutoire reprendrait effet, à payer chaque mois pour lequel il sera resté dans les lieux, une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer actuel charges comprises, soit 375,57 euros pour le logement et 16,22 euros pour le stationnement ;
Dit que la part correspondant aux charges dans ces indemnités mensuelles d'occupation pourra être réajustée au cas où les charges de l'année dépasseraient la provision ;
Rejette la demande formée par le bailleur au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
Certifie le présent jugement en tant que Titre Exécutoire Européen en application des dispositions du Règlement (CE) 805/2004 et dit que le greffier dudit tribunal sera tenu, sur simple demande de la partie requérante de délivrer le Titre Exécutoire Européen ensemble avec l'original du présent jugement ;
Accorde à Monsieur [R] [G] l'aide juridictionnelle provisoire ;
Condamne Monsieur [R] [G] aux dépens ;
Rappelle que le présent jugement est de droit exécutoire à titre provisoire ;
Rejette toute autre demande.
Ainsi jugé et prononcé le 05 Septembre 2024 par mise à disposition au greffe.
Le GREFFIER Le PRESIDENT
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