Cour de cassation, 18 décembre 1996. 93-84.735
Juridiction :
Cour de cassation
Numéro de pourvoi :
93-84.735
Date de décision :
18 décembre 1996
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Débloquer le résumé IATexte intégral
ARRÊT N° 2
CASSATION sans renvoi sur le pourvoi formé par :
- le procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Evry,
contre le jugement dudit tribunal, chambre correctionnelle, en date du 4 novembre 1992, qui a confirmé 4 ordonnances du juge de l'application des peines accordant des réductions de peine à Robert X...
LA COUR,
Vu le mémoire produit ;
Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 721 et 721-1 du Code de procédure pénale :
Vu lesdits articles, ensemble les articles 9-2, 9-4 et 13 de la Convention franco-américaine du 25 janvier 1983 sur le transfèrement des condamnés détenus ;
Attendu qu'il résulte des articles 9-2, 9-4 et 13 de la Convention précitée que l'Etat d'exécution est seul compétent pour décider, en application de ses propres lois, des modalités d'exécution de la peine d'un condamné transféré sur son territoire en vertu de ladite Convention, y compris en ce qui concerne la durée du temps d'incarcération, sous réserve de tenir compte des renseignements fournis par l'Etat de condamnation sur la durée de la peine restant à purger, ainsi que celle de la détention déjà subie et sur les réductions de peine déjà appliquées ou seulement décidées ;
Attendu qu'aux termes des articles 713-1 et 713-7 du Code de procédure pénale, lorsqu'un ressortissant français détenu en exécution d'une condamnation prononcée par une juridiction étrangère est, en vertu d'une convention ou d'un accord internationaux, transféré sur le territoire français pour y poursuivre l'exécution de sa peine, celle-ci est régie par les règles internes de procédure pénale ;
Que, par ailleurs, il résulte des articles 721 et 721-1 du Code précité que le juge de l'application des peines ne peut accorder de réductions de peine que pour la période de détention subie en France, incluant, lorsque la condamnation est prononcée à l'étranger, les délais de transfèrement de l'intéressé sur le territoire national ;
Attendu que Robert X..., ressortissant français, a été arrêté le 18 juin 1989 aux Etats-Unis et condamné le 27 février 1990 par un tribunal de ce pays à 4 ans et 9 mois d'emprisonnement pour importation et détention de cocaïne ; qu'il a été transféré en France le 21 juillet 1992 en application de la Convention bilatérale susvisée pour y poursuivre l'exécution de sa peine ;
Attendu que, par ordonnances distinctes du 23 octobre 1992, le juge de l'application des peines a accordé au condamné 2 réductions de peine sur le fondement de l'article 721 du Code de procédure pénale, l'une de 9 mois et 7 jours, pour la période de sa détention effectuée du 18 juin 1989 au 21 juillet 1992, l'autre de 42 jours pour la période postérieure à cette date jusqu'au 10 février 1993 ; que, par 2 autres ordonnances, prises en application de l'article 721-1 du même Code, il lui a octroyé 2 réductions de peine supplémentaires d'un montant global de 4 mois et 24 jours, pour la période de détention comprise entre le 18 juin 1990 et le 30 décembre 1992 ;
Attendu que, pour rejeter le recours exercé par le procureur de la République en vertu de l'article 733-1. 2° du Code de procédure pénale, le tribunal correctionnel déduit des articles 9-4 et 13 de la Convention applicable en l'espèce que " si les réductions de peine ne peuvent être accordées qu'à compter du transfèrement du condamné, il n'en résulte pas pour autant que ces mesures ne puissent être accordées selon les lois applicables en France, où la peine s'exécute, en prenant en considération l'ensemble de la période de détention " ; qu'ils ajoutent que les renseignements fournis par l'Etat de condamnation ont révélé que Robert X... avait fait preuve de bonne conduite et présenté des gages sérieux de réadaptation sociale pendant son incarcération dans ce pays, justifiant les mesures prises en sa faveur par le juge de l'application des peines ;
Mais attendu qu'en prononçant ainsi, alors que les règles internes de procédure, applicables en l'espèce en vertu de l'article 9 de la Convention franco-américaine, ne permettent pas au juge de l'application des peines d'accorder au condamné transféré des réductions de peine afférentes à la période de sa détention subie à l'étranger, le tribunal a méconnu les textes susvisés et les principes susénoncés ;
D'où il suit que la cassation est encourue ;
Par ces motifs :
CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, le jugement du tribunal correctionnel d'Evry, en date du 4 novembre 1992 ;
Et attendu qu'en application de l'article 733-1 du Code de procédure pénale le pourvoi n'a pas d'effet suspensif ;
DIT n'y avoir lieu à renvoi.
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