Berlioz.ai

Cour de cassation, 15 novembre 1994. 92-20.191

Juridiction :

Cour de cassation

Numéro de pourvoi :

92-20.191

Date de décision :

15 novembre 1994

Résumé par l'IA

Résumé par l'IA

Accédez au résumé intelligent de cette décision, généré par notre IA juridique.

Débloquer le résumé IA

Texte intégral

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Sur le pourvoi formé par M. Max Y..., demeurant "Le Paradis du Soleil" à La Grande Motte (Hérault), en cassation d'un arrêt rendu le 19 août 1992 par la cour d'appel de Montpellier (1re chambre D), au profit de M. Paul X..., demeurant ..., Saint-Gély-du-Fesc (Hérault), défendeur à la cassation ; Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ; LA COUR, en l'audience publique du 4 octobre 1994, où étaient présents : M. Grégoire, conseiller doyen faisant fonctions de président, Mme Gié, conseiller rapporteur, MM. Thierry, Renard-Payen, Lemontey, Gélineau-Larrivet, Ancel, conseillers, M. Savatier, conseiller référendaire, M. Lupi, avocat général, Mme Collet, greffier de chambre ; Sur le rapport de Mme le conseiller Gié, les observations de Me Blanc, avocat de M. Y..., de la SCP Lyon-Caen, Fabiani et Thiriez, avocat de M. X..., les conclusions de M. Lupi, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Sur le moyen unique : Attendu que le 6 mai 1983, M. X... a donné à M. Y... une procuration générale pour effectuer toutes opérations sur les cinq comptes qu'il détenait au Crédit agricole ; que, postérieurement à la révocation de cette procuration le 27 juin 1985, M. X... a assigné M. Y... en reddition de comptes ; que celui-ci a soutenu qu'il avait reçu de M. X... 30 bons anonymes de 10 000 francs chacun, à titre de don manuel ; que l'arrêt attaqué (Montpellier, 19 août 1992) rejetant cette prétention, l'a condamné, notamment, à payer à M. X... la somme de 300 000 francs représentant la contre-valeur de ces bons ; Attendu que M. Y... fait grief à l'arrêt d'avoir ainsi statué, alors selon le moyen, que le possesseur d'une chose qui invoque un don manuel à l'origine de sa possession, en est présumé propriétaire, sauf au prétendu propriétaire à prouver que cette possession est entachée de vices et notamment d'équivoque ; que la preuve du caractère équivoque de la possession de M. Y... ne pouvait résulter de la procuration dont celui-ci bénéficiait sur les comptes de M. X..., puisque M. Y... ne détenait pas les bons en vertu de cette procuration, mais parce que M. X..., qui les avait lui-même retirés de sa banque, les lui avait remis en mains propres ; qu'ainsi la cour d'appel a violé les articles 1315, 2229 et 2279 du Code civil ; Mais attendu que l'arrêt relève que M. X... résidait à demeure chez M. Y... quand, le 30 juin 1983, il a retiré du Crédit agricole les bons litigieux qu'il a conservés pendant plusieurs mois au domicile de M. Y..., dans un coffre lui appartenant ; que le 14 juin 1984, celui-ci, alors qu'il était titulaire d'une procuration générale sur les comptes bancaires de M. X... et censé agir pour le compte de son mandant, a déposé les bons litigieux, sur son compte personnel, sans qu'il soit établi que M. X..., ait consenti à l'opération ; que la cour d'appel qui a déduit de ces circonstances le caractère équivoque de la possession de M. Y... rendant inapplicables les dispositions de l'article 2279 du Code civil, a légalement justifié sa décision ; Et attendu que le pourvoi revêt un caractère abusif ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne M. Y... à une amende civile de dix mille francs, envers le Trésor public ; le condamne, aux dépens et aux frais d'exécution du présent arrêt ; Le condamne également à payer à M. X... la somme de douze mille francs au titre de l'article 700 du nouveau Code de procédure civile ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et prononcé par M. le président en son audience publique du quinze novembre mil neuf cent quatre-vingt-quatorze.

Besoin d'analyser cette décision en profondeur ?

Berlioz peut résumer, comparer et extraire les informations clés de cette décision pour votre dossier.

Sans carte bancaire • Sans engagement • Annulation à tout moment

Historique des décisions

Historique des décisions

Visualisez l'historique procédural complet : première instance, appel, cassation.

Voir l'historique
Cour de cassation 1994-11-15 | Jurisprudence Berlioz