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Tribunal judiciaire, 03 juillet 2025. 25/00892

Juridiction :

Tribunal judiciaire

Numéro de pourvoi :

25/00892

Date de décision :

3 juillet 2025

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Texte intégral

- N° RG 25/00892 - N° Portalis DB2Y-W-B7J-CEA67 TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX ────────── [Adresse 6] ORDONNANCE statuant sur la poursuite d’une mesure de soins psychiatriques en hospitalisation complète Dossier N° RG 25/00892 - N° Portalis DB2Y-W-B7J-CEA67 - M. [J] [V] Ordonnance du 03 juillet 2025 Minute n° 25/ AUTEUR DE LA SAISINE : Le DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER de [Localité 4], agissant par M. [E] [B] , directeur du grand hôpital de l’est francilien élisant domicile en cette qualité au centre hospitalier de [Localité 4] : [Adresse 8], non comparant, ni représenté. PERSONNE FAISANT L’OBJET DES SOINS : M. [J] [V] né le 25 Août 2001 à [Localité 7] sans domicile fixe en hospitalisation complète depuis le 25 juin 2025 au centre hospitalier de [Localité 4], sans son consentement, pour des soins psychiatriques décidés par le directeur de l’établissement à la demande d’un tiers en urgence. comparant, assisté de Me Julia MORONI, avocat au barreau de Meaux, commis d’office par le bâtonnier, TIERS À L’ORIGINE DE L’ADMISSION : Madame [U] [T] née le 15 Juillet 1967 à [Localité 9] [Adresse 1] [Localité 3] demandeur des soins psychiatriques en sa qualité de mère de la personne hospitalisée. non comparante ; PARTIE JOINTE : Monsieur le PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE près le tribunal judiciaire de MEAUX, ayant domicile élu au palais de justice de Meaux : [Adresse 2] absent à l’audience Nous, Claire ESCARAVAGE-CHARIAU, magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux, assistée de Laurence MATHIEU-VANDEWOORDE, greffier, avons rendu la présente ordonnance. - N° RG 25/00892 - N° Portalis DB2Y-W-B7J-CEA67 FAITS ET PROCÉDURE : Le 25 juin 2025, le directeur du centre hospitalier de [Localité 4] a prononcé l’admission en soins psychiatriques de M. [J] [V], à la demande de la mère de la personne hospitalisée, en relevant l’existence de troubles du comportement l’exposant à un risque grave d’atteinte à son intégrité. Par courriel reçu au greffe le 30 juin 2025, le directeur général de l’établissement de santé a saisi le magistrat du siège de ce tribunal aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète dont M. [J] [V] fait l’objet sans interruption depuis son admission. Conformément aux dispositions de l’article R. 3211-11 du code de la santé publique, copie de la saisine a été adressée à la personne qui fait l’objet des soins et au ministère public, lesquels, ainsi que le directeur du centre hospitalier et le tiers à l'origine de l'admission, ont tous été régulièrement avisés de la date, de l’heure, du lieu et des modalités de l’audience fixée le 03 juillet 2025. L’audience a été tenue à la date et à l’heure prévues dans la salle spécialement aménagée sur l’emprise du centre hospitalier de [Localité 5]. M. [J] [V] a contesté le principe de son hospitalisation et souhaité sortir pour trouver du travail et pouvoir apporter de l’aide à sa mère. Me Julia MORONI, avocat de la personne hospitalisée, a été entenduE en ses observations. Aucune des parties n’a déposé d’observations écrites. La présente ordonnance a été : - prononcée publiquement le 03 juillet 2025, par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal, avis en ayant été donné à l’issue des débats aux personnes présentes ou représentées - signée par le juge ayant présidé aux débats et par le greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. MOTIFS DE LA DÉCISION : L’article L. 3212-1 du code de la santé publique prévoit qu’une personne atteinte de troubles mentaux peut faire l’objet de soins psychiatriques sans son consentement, par décision du directeur d’un établissement de santé autorisé en psychiatrie, lorsque, cumulativement, ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins psychiatriques immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’autres modalités contraintes de prise en charge thérapeutique détaillées dans un programme de soins. L’article L. 3211-12-1 du même code énonce que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission en soins psychiatriques prononcée à la demande d'un tiers. Il résulte des pièces et certificats médicaux joints à la requête que M. [J] [V] a été hospitalisé le 25 juin 2025 à la suite d'un risque autoagresif élevé, un risque de passage à l’acte suicidaire, des idées suicidaires scénarisées récurentes, une angoisse massive et une intolérance à la frustration chez un patient connu et suivi du secteur de psychiatrie pour un trouble de la personalité type borderline. L’avis motivé émanant d'un psychiatre de l'établissement d'accueil, en date du 30 juin 2025, faisant suite aux certificats de 24 heures et 72 heures ayant noté un tableau clinique de type dépressif avec des idées noires et une intentionalité suicidaire, le tout évoluant sur un fond de trouble de la personnalité de type borderline avec des conduites à risque, une auto mutilation, des gestes suicidaires fréquents, une humeur tendue associée à un état de tension intérieure, un risque suicidaire non négligeable, a préconisé la poursuite de l’hospitalisation complète de ce patienten l'absence de changement significatif à ce jour. A l'audience, la situation du patient présente peu d'évolution apparente, M. [J] [V] n'exprimant pas nettement une reconnaissance de ses troubles et, partant, une réelle adhésion aux soins. Dès lors, la mainlevée d’une surveillance médicale constante serait prématurée avant que l’état psychique soit stabilisé et qu’il soit acquis que M. [J] [V] adhère durablement à un protocole de soins. Cette précaution est un préalable nécessaire à l’élaboration d’un programme de soins organisant la prise en charge du patient selon des modalités autres que l’hospitalisation complète. Une rupture intempestive du protocole thérapeutique initié ferait inévitablement ressurgir des troubles majeurs susceptibles de mettre la personne hospitalisée et son environnement en danger. En conséquence, la poursuite de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète s’impose actuellement. Conformément aux dispositions des articles R. 93 et R. 93-2 du code de procédure pénale, les dépens de la présente instance resteront à la charge de l’Etat. PAR CES MOTIFS, Statuant par ordonnance susceptible d’appel, prononcée publiquement par sa mise à disposition au greffe le 03 juillet 2025, ORDONNONS la poursuite de la mesure d'hospitalisation complète pour soins psychiatriques dont M. [J] [V] fait l’objet sans son consentement au centre hospitalier de [Localité 4] (Seine-et-Marne) ; LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat. Le greffier Le juge

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