Texte intégral
Ordonnance N°983
N° RG 23/01079 - N° Portalis DBVH-V-B7H-JAAX
J.L.D. NIMES
21 novembre 2023
[N]
C/
LE PREFET DE L'ISERE
COUR D'APPEL DE NÎMES
Cabinet du Premier Président
Ordonnance du 22 NOVEMBRE 2023
Nous, Monsieur Georges GAIDON, Président de chambre à la Cour d'Appel de NÎMES, conseiller désigné par le Premier Président de la Cour d'Appel de NÎMES pour statuer sur les appels des ordonnances des Juges des Libertés et de la Détention du ressort, rendues en application des dispositions des articles L 742-1 et suivants du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit de l'Asile (CESEDA), assisté de Mme Ellen DRÔNE, Greffière,
Vu l'arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire national en date du 13 septembre 2023 notifié le même jour, ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 18 novembre 2023, notifiée le même jour à 19 heures 30 concernant :
M. [F] [N] Alias [X] [N]
né le 22 Février 1998 à [Localité 2]
de nationalité Algérienne
Vu la requête reçue au Greffe du Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal Judiciaire de Nîmes le 20 novembre 2023 à 12 heures 27, enregistrée sous le N°RG 23/5521 présentée par M. le Préfet de l'Isère ;
Vu l'ordonnance rendue le 21 Novembre 2023 à 12 heures 12 par le Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal de NÎMES, qui a :
*Déclaré la requête recevable
* Ordonné pour une durée maximale de 28 jours commençant 48H après la notification de la décision de placement en rétention, le maintien dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, de M. [F] [N] Alias [X] [N] ;
* Dit que la mesure de rétention prendra fin à l'expiration d'un délai de 28 jours à compter du 20 novembre 2023 à 19 heures 30,
Vu l'appel de cette ordonnance interjeté par Monsieur [F] [N] Alias [X] [N] le 21 Novembre 2023 à 14 heures 57 ;
Vu l'absence du Ministère Public près la Cour d'appel de NIMES régulièrement avisé ;
Vu la présence de Monsieur [T] [B], représentant le Préfet de l'Isère, agissant au nom de l'Etat, désigné pour le représenter devant la Cour d'Appel en matière de Rétention administrative des étrangers, entendu en ses observations ;
Vu l'assistance de Monsieur [O] [J], interprète en langue arabe, inscrit sur la liste des experts de la cour d'appel de Nîmes,
Vu la comparution de Monsieur [F] [N] Alias [X] [N], régulièrement convoqué ;
Vu la présence de Me Adil ABDELLAOUI, avocat de Monsieur [F] [N] Alias [X] [N] qui a été entendu en sa plaidoirie ;
MOTIFS
Monsieur [F] [N] alias [X] [N] a reçu notification le 18 novembre 2023 d'un arrêté du Préfet de l'ISERE du même jour lui faisant obligation de quitter le territoire national sans délai avec interdiction de retour pendant 2 ans.
Monsieur [F] [N] a fait l'objet d'un contrôle d'identité le 17 novembre 2023 à 22h05 à [Localité 3] suite à son interpellation pour des faits de vol.
Par arrêté de la (même) préfecture en date du 18 novembre 2023 et qui lui a été notifié le jour même à 19h30, il a été placé en rétention administrative aux fins d'exécution de la mesure d'éloignement.
Par requête du 20 novembre 2023, le Préfet de l'ISERE a saisi le Juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Nîmes d'une demande en prolongation de la mesure.
Par ordonnance prononcée le 21 novembre 2023 à 12h12, le Juge des libertés et de la détention de Nîmes a rejeté les moyens présentés par Monsieur [F] [N] et ordonné la prolongation de sa rétention administrative pour vingt-huit jours.
Monsieur [F] [N] a interjeté appel de cette ordonnance le 21 novembre 2023 à 14h57.
A l'audience, Monsieur [F] [N] conclut à l'infirmation de l'ordonnance déférée, et sollicite sa remise en liberté.
Il expose qu'il est marié et père d'un enfant, qu'il veut quitter la FRANCE avec sa famille.
Il soutient que l'autorité préfectorale n'a pas effectué les diligences nécessaires afin d'organiser son départ et qu'il n'existe aucune perspective raisonnable d'éloignement.
Son avocat se réfère aux moyens soulevés dans la déclaration d'appel.
Monsieur le Préfet pris en la personne de son représentant demande la confirmation de l'ordonnance dont appel.
SUR LA RECEVABILITE DE L'APPEL :
L'appel interjeté le 21 novembre 2023 à 14h57 par Monsieur [F] [N] à l'encontre d'une ordonnance du Juge des libertés et de la détention du Tribunal judiciaire de Nîmes prononcée en sa présence le 21 novembre 2023 à 12h12, a été relevé dans les délais légaux et conformément aux dispositions des articles L.743-21, R.743-10 et R.743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Il est donc recevable.
SUR LE FOND :
L'article L.611-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose des cas dans lesquels un étranger peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et/ou l'article L.612-6 du même code d'une interdiction de retour sur le territoire français tandis que l'article L611-3 du même code liste de manière limitative les situations dans lesquelles de telles mesures sont exclues.
L'article L.741-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise qu'en tout état de cause « un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet.»
Au motif de fond sur son appel, Monsieur [F] [N] soutient que l'administration française ne démontre pas avoir engagé les démarches utiles et nécessaires à son départ.
Il en conclut que la mesure de rétention dont il fait l'objet ne se justifie plus et doit donc être levée.
En l'espèce, Monsieur [F] [N] ne disposait au moment de son interpellatiion, d'aucun justificatif en original de son identité ni d'aucun document de voyage et n'en a pas davantage communiqué depuis aux autorités administratives, de telle sorte qu'il est nécessaire de l'identifier formellement avant que de pouvoir procéder à son éloignement effectif. C'est ainsi à l'origine son propre fait qui retarde donc son départ et conduit l'administration à solliciter que sa rétention soit prolongée.
De plus, de l'examen des pièces de la procédure, il ressort que le consulat d'ALGERIE dont Monsieur [F] [N] s'est affirmé être ressortissant a été saisi d'une demande de laissez-passer le 18 novembre 2023.
Aucun élément du dossier ou du débat à l'audience ne permet d'affirmer que les réponses du Consulat ne puissent intervenir à bref délai en l'état des diligences dont il est ainsi justifié.
SUR LA SITUATION PERSONNELLE DE MONSIEUR [F] [N] :
Monsieur [F] [N], présent irrégulièrement en France est dépourvu de passeport et de pièces administratives pouvant justifier de son identité et de son origine de telle sorte qu'une assignation à résidence judiciaire est en tout état de cause exclue par les dispositions de l'article L743-13 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Il ne justifie, de plus, d'aucune adresse ni domicile stables en France, ne démontre aucune activité professionnelle et ne dispose d'aucun revenu ni possibilité de financement pour assurer son retour dans son pays.
Il a fait l'objet d'une précédente procédure de rétention administrative suite à un arrêté de la préfecture de l'ISERE du 16 mars 2021portant obligation de quitter le territoire et d'un arrêté d'assignation à résidence dont les obligations n'ont pas été respectées, ce qui traduit la volonté de l'intéressé de se maintenir sur le territoire national malgré les décisions de l'autorité préfectorale.
Il est l'objet d'une mesure d'éloignement en vigueur, telle que précitée, et qui fait obstacle à sa présence sur le sol français.
Il s'en déduit que la prolongation de sa rétention administrative demeure justifiée et nécessaire aux fins qu'il puisse être procédé effectivement à son éloignement.
Il convient par voie de conséquence de confirmer l'ordonnance déférée en toutes ses dispositions.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, en matière civile et en dernier ressort,
Vu l'article 66 de la constitution du 4 octobre 1958,
Vu les articles L.741-1, L.742-1 à L.743-9 ; R.741-3 et R.743-1 à R.743-19, L.743.21 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
DÉCLARONS recevable l'appel interjeté par Monsieur [F] [N] Alias [X] [N] ;
CONFIRMONS l'ordonnance déférée en toutes ses dispositions ;
RAPPELONS que, conformément à l'article R.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile, les intéressés peuvent former un pourvoi en cassation par lettre recommandée avec accusé de réception dans les deux mois de la notification de la présente décision à la Cour de cassation [Adresse 1].
Fait à la Cour d'Appel de NÎMES,
le 22 Novembre 2023 à
LE GREFFIER, LE PRESIDENT,
' Notification de la présente ordonnance a été donnée ce jour au Centre de rétention administrative de [Localité 4] à M. [F] [N] Alias [X] [N], par l'intermédiaire d'un interprète en langue arabe.
Le à H
Signature du retenu
Copie de cette ordonnance remise, ce jour, par courriel, à :
- Monsieur [F] Alias [N] [X] [N], par le Directeur du centre de rétention de [Localité 4],
- Me Adil ABDELLAOUI, avocat
,
- M. Le Préfet de l'Isère
,
- M. Le Directeur du CRA de [Localité 4],
- Le Ministère Public près la Cour d'Appel de NIMES,
- Mme/M. Le Juge des libertés et de la détention.
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