Tribunal judiciaire, 30 mai 2024. 24/02079
Juridiction :
Tribunal judiciaire
Numéro de pourvoi :
24/02079
Date de décision :
30 mai 2024
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TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 18 Juillet 2024
Président : Madame FATY, Vice-présidente
Greffier : Madame DEGANI,
Débats en audience publique le : 30 Mai 2024
GROSSE :
Le 19 juillet 2024
à Me Patrice BALDO
Le ...................................................
à Me ...............................................
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EXPEDITION :
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N° RG 24/02079 - N° Portalis DBW3-W-B7I-4YAE
PARTIES :
DEMANDERESSE
S.A. [Adresse 4], dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Patrice BALDO, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEUR
Monsieur [M] [I], demeurant [Adresse 2]
non comparant
Par acte de Commissaire de Justice en date du 16 février 2024, la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE a assigné Monsieur [M] [I] devant le juge des référés du pôle de proximité du Tribunal Judiciaire de MARSEILLE pour voir :
• constater la résiliation du bail en application de la clause résolutoire contenue au contrat;
• ordonner l’expulsion immédiate de Monsieur [I] et celle de tous occupants de son chef des lieux sis à [Adresse 5], au besoin avec le concours de la [Localité 3] Publique et d'un serrurier;
• condamner Monsieur [I] à lui payer :
-la somme provisionnelle de 1710,75 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 1er février 2024 avec intérêts au taux légal;
-une somme égale au montant du dernier loyer et des charges au titre de l’indemnité mensuelle d’occupation jusqu'à libération complète des lieux;
-la somme de 500,00 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile outre les dépens.
A l'audience, la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE a maintenu ses demandes tout en produisant un décompte actualisé de sa créance qui s'élève à la somme de 235,52 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 10 mai 2024 dont elle sollicite le paiement tout en proposant un délai d’un mois à Monsieur [I] pour régler sa dette locative.
Monsieur [I], cité en l’Etude de la SCP REMUZAT et Associés, Commissaires de Justice, n’a pas comparu à l’audience, ni ne s'est fait représenter.
MOTIFS DE LA DECISION
Il résulte de l'article 472 du Code de Procédure Civile que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et que le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
En application des articles 834 et 835 du Code de Procédure Civile, dans tous les cas d'urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. Il peut, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.
Sur la recevabilité de la demande:
L'article 24 III de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023, dispose que "à peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence du Commissaire de Justice au représentant de l'Etat dans le département au moins six semaines avant l'audience".
L'article 24 II de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023 dispose que " les bailleurs personnes morales autres qu'une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus ne peuvent faire délivrer, sous peine d'irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l'expiration d'un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locative.
Cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d'impayés, préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement en vue d'assurer le maintien du versement des aides mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation.
La SA ICF SUD EST MEDITERRANEE justifie avoir signalé la situation d'impayés à la Caisse d'Allocations Familiales le 27 novembre 2023, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation le 16 février 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Elle produit par ailleurs la dénonciation de l'assignation à la Préfecture en date du 19 février 2024, soit six semaines au moins avant l'audience en date du 30 mai 2024.
L'action de la SA ICF SUD EST MEDITERRANNE est donc déclarée recevable.
Sur la résiliation du bail:
Par acte sous seing privé en date du 29 janvier 2021, la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE a consenti un bail d’habitation à Monsieur [I] pour un logement situé à [Adresse 5], dans lequel est insérée une clause résolutoire applicable de plein droit en cas de non paiement des loyers et charges après un commandement resté impayé pendant deux mois.
Le montant du loyer était de 312,61 euros outre 86,66 euros de charges.
Monsieur [I] ne règlant pas régulièrement ses loyers, la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE lui a fait délivrer le 5 décembre 2023 un commandement d’avoir à payer les loyers de retard et visant la clause résolutoire du contrat de bail pour un montant de 1339,92 euros hors frais.
Ce commandement est resté sans effet pendant plus de deux mois, en ce que les sommes dues n’ont pas été réglées dans ce délai.
Par conséquent, la clause résolutoire est acquise de plein droit et le bail résilié à la date du 5 février 2024.
Il convient par conséquent d’ordonner l’expulsion de Monsieur [I] et celle de tous occupants de son chef, si besoin est avec le concours de la force publique et de le condamner à payer à la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE la somme provisionnelle de 235,52 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 23 mai 2024 et avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Monsieur [I] sera en outre condamné à payer à la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer courant et des charges qui auraient été payés en cas de non résiliation du bail, au titre de l’occupation des lieux jusqu’à leur libération effective et remise des clés au propriétaire.
La SA ICF SUD EST MEDITERRANEE ne justifie d'aucun motif particulier autorisant que le délai de deux mois prévu à l'article L412-1 du code des procédures civiles d'exécution afin que le locataire quitte les lieux soit réduit.
Il n'y a donc pas lieu de faire exception au principe posé par ledit article.
Sur les délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire:
L'article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 modifiée par la loi du 27 juillet 2023 dispose que le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative.
L'article 24 VII de cette même loi dispose que lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus, pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux articles V et VI du présent article. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge.
Il ressort du décompte versé aux débats que Monsieur [I] a repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience.
Il convient dès lors, compte tenu de la demande de la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE, d'accorder à Monsieur [I] un délai de paiement d’un mois à compter de la présente décision pour régler sa dette locative.
Il sera également rappelé que le défaut de paiement de cette mensualité à son échéance entraînerait la déchéance du terme et que la totalité du solde restant dû deviendrait alors immédiatement exigible.
Durant ce délai, les effets de la clause résolutoire sont suspendus et si Monsieur [I] se libère dans le délai et selon les modalités précisées ci-dessus, en sus du paiement du loyer courant, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué.
Dans le cas contraire:
-la totalité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible;
-la clause résolutoire reprendra son plein effet;
-il pourra être procédé à l'expulsion de Monsieur [I] et à celle de tous occupants de son chef selon les modalités précisées dans le dispositif de la présente décision;
-Monsieur [I] sera tenu au paiement à titre provisionnel d'une indemnité d'occupation dont le montant correspond au montant du loyer et des charges calculés tels que si le contrat de bail s'était poursuivi.
Sur l'exécution provisoire:
Il sera rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires par provision en vertu des dispositions de l'article 514 du Code de Procédure Civile.
Sur les frais et dépens:
En application de l’article 696 du Code de Procédure Civile, Monsieur [I] conservera la charge des entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement de payer.
En outre, Monsieur [I] sera tenu de payer à la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE la somme de 50,00 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
PAR CES MOTIFS
Nous, Mme Corinne FATY Vice-Présidente du Pôle de Proximité du Tribunal Judiciaire de Marseille, statuant en qualité de juge des contentieux de la protection, après débats publics, par mise à disposition au greffe, par décision réputée contradictoire, rendue en premier ressort et en matière de référé,
Au principal, renvoyons les parties à mieux se pourvoir, mais dès à présent, par provision, tous droits et moyens des parties demeurant réservés,
DECLARONS RECEVABLE l'action de la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE;
CONSTATONS la résiliation de plein droit du bail liant les parties à la date du 5 février 2024 ;
ORDONNONS l’expulsion de Monsieur [I] et celle de tous occupants de son chef, avec au besoin le concours de la force publique des lieux sis à [Adresse 5], passé le délai de deux mois à compter de la délivrance du commandement d'avoir à quitter les lieux par acte de Commissaire de Justice;
CONDAMNONS Monsieur [I] à payer à la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE:
• la somme provisionnelle de 235,52 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 23 mai 2024 et avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision;
• une indemnité d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail et ce, jusqu’à libération effective des lieux et remise des clés au propriétaire;
ACCORDONS à Monsieur [I] un délai de un mois à compter de la présente décision pour s'acquitter, outre le loyer et les charges courants, de sa dette locative de 235,52 euros ;
SUSPENDONS pendant ce délai la clause résolutoire;
DISONS que si le délai accordé est entièrement respecté, la clause résolutoire sera réputée n'avoir jamais été acquise mais qu'en revanche, à défaut du paiement de cette mensualité, qu'elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l'arriéré, la dette deviendra immédiatement exigible et l'expulsion de Monsieur [I] et celle de tous occupants de son chef pourra être poursuivie avec le concours de la force publique et d'un serrurier;
DEBOUTONS la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE du surplus de ses demandes;
CONDAMNONS Monsieur [I] à payer à la SA ICF SUD EST MEDITERRANEE la somme de 50,00 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile;
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire de droit par provision;
CONDAMNONS Monsieur [I] aux entiers dépens, en ce compris le coût du commandement de payer en date du 5 décembre 2023;
AINSI PRONONCE PAR MISE À DISPOSITION AU GREFFE, LES JOUR MOIS ET AN QUE DESSUS ET ONT SIGNÉ À LA MINUTE LE PRÉSIDENT ET LE GREFFIER PRÉSENTS LORS DU PRONONCÉ,
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
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