Texte intégral
TRIBUNAL
JUDICIAIRE
DE MARSEILLE
Procédure de Soins Psychiatriques Contraints
Recours Obligatoire
Ordonnance Du Vendredi 15 Novembre 2024
N°Minute : 24/1238
N° RG 24/12441 - N° Portalis DBW3-W-B7I-5VB4
Demandeur
LE DIRECTEUR DE L’HOPITAL [6]
[Adresse 1]
[Localité 2]
Non comparant
Défendeur
Monsieur [B] [I]
Foyer [5]
[Adresse 4]
[Localité 2]
né le 06 Juin 1982
Comparant
Partie Jointe
Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Marseille
Non comparant
Nous, Clara GRANDE, Magistrat du siège du Tribunal Judiciaire, assistée de Pauline SAMMARTANO, Greffier ;
Vu la requête de Monsieur LE DIRECTEUR DE L’HOPITAL [6] à [Localité 8] en date du 08 Novembre 2024 reçue au greffe du Magistrat du siège du Tribunal Judiciaire le 08 Novembre 2024, tendant à voir examiner la situation de Monsieur [B] [I], dans le cadre du contrôle obligatoire de soins psychiatriques contraints sous le régime de l’hospitalisation complète institué par l’article L 3211-12-1 1°, 2°,3° du Code de la Santé Publique en sa rédaction issue de la loi n° 2011-803 du 05 juillet 2011 modifiée par la Loi n°2013-869 du 27 septembre 2013;
Vu les articles L 3211-12 et L 3211-12-1 et R 3211-30 du Code de la Santé Publique résultant du décret n°2014-897 du 15 août 2014;
Les communications et les avis prévus et imposés par l’article R 3211-11 du Code de la Santé Publique ayant été faites et donnés par le Greffe ;
Vu l’avis écrit de Monsieur le Procureur de la République en date du 14 Novembre 2024 tendant au maintien en soins contraints sous le régime de l’hospitalisation complète;
EXPOSÉ DE LA DEMANDE ET DE LA PROCÉDURE :
A l’appel de la cause, les parties n’ont pas sollicité le huis clos ; les débats ont donc été publics ;
Monsieur [B] [I], comparant en personne a été entendu et déclare : En fait, j’étais 30 jours sans argent, le foyer a retiré mon argent, je suis sous curatelle. J’ai demandé à mon avocat commis d’office de poursuivre en justice pour l’argent que l’on m’a volé. J’étais sous pression. Ils ont commencé à faire les voyous.
J’ai demandé plusieurs fois des hospitalisations pour dépression mais personne n’a accepté. J’ai vu plusieurs médecins. Il y a toujours des tensions partout. Je ne comprends pas pourquoi alors que je suis calme. J’ai besoin de me reposer, je me suis fait des amis, des collègues, mais tout le monde veut de l’argent, des cigarettes, de la nourriture. L’hospitalisation se passe bien, ça me fait du bien mais il me manque un peu des permissions, ma liberté me manque. Je ne veux pas réintégrer le foyer, il y a des cafards. Ca m’a mis en dépression. J’ai des liens avec une assistante sociale. J’ai 42 ans, j’ai de l’expérience mais pour trouver un logement, c’est très compliqué. A l’époque je travaillais beaucoup, il a fallu que je fasse un changement de foyer. Je suis agent de sécurité que je suis un délinquant.
Me David LAYANI, avocat commis d’office en application de l’article L 3211-12-2 alinéa 2 du Code de la Santé Publique , déclare soulever l’irrégularité de la procédure : J’ai une interrogation sur la procédure de péril imminent. Quand on observe les certificats médicaux, ils ne mentionnent pas de danger imminent pour le patient lui-même.
Sur le fond, Monsieur fait l’objet d’un bon discernement. Monsieur est en demande de soins. Aujourd’hui, il souhaite une mainlevée de la mesure. Les éléments du dernier certificat médical montre une amélioration de son état. On pourrait lui autoriser des permissions dans le cadre de sa mesure.
A l’issue de l’audience, les parties ont été avisées que la décision est mise en délibéré ;
MOTIFS DE LA DÉCISION :
Attendu que selon l’article L 3211-12-1 I du Code de la Santé Publique
L'hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l'établissement lorsque l'hospitalisation a été prononcée en application du chapitre II ou par le représentant de l'Etat dans le département lorsqu'elle a été prononcée en application du chapitre III du présent titre, de l'article L. 3214-3 du présent code ou de l'article 706-135 du code de procédure pénale, n'ait statué sur cette mesure :
« 1° Avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de l'admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l'article L. 3214-3 ; le juge est alors saisi dans un délai de 8 jours à compter de cette admission ;
« 2° Avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de la décision modifiant la forme de la prise en charge du patient et procédant à son hospitalisation complète en application, respectivement, du dernier alinéa de l'article L. 3212-4 ou du III de l'article L. 3213-3 ; le juge est alors saisi dans un délai de 8 jours à compter de cette admission “;
Attendu en l’espèce que [B] [I] a fait l’objet d’une admission en soins psychiatriques et en hospitalisation complète par décision du 04/11/2024 ; Que la période de 12 jours en cours expire donc le 15/11/2024 ;
Que les conditions énoncées dans ces textes ont été respectées ;
Attendu que la saisine en vue du contrôle a été émise dans les formes et délais des articles R 3211-10 du Code de la Santé Publique;
ATTENDU qu’il résulte du dossier et des débats que l’hospitalisation complète continue à s’imposer;
Qu’en effet, [B] [I] a été hospitalisé en présentant divers troubles décrits dans le certificat médical initial, imposant son hospitalisation complète sous contrainte. En l'espèce, le patient présentait à son arrivée les troubles suivants : décompensation psychotique (idées délirantes de persécution au premier plan, agitation psychomotrice) pour un patient amené aux urgences par les pompiers suite à un comportement agressif au foyer.
Il était souligné que ses troubles mentaux rendaient son consentement impossible et que son état rendait nécessaire une hospitalisation complète avec une surveillance constante afin de préserver son intégrité.
Les certificats médicaux établis pendant la période d'observation font état de la persistance de certains troubles et démontrent la nécessité de maintenir la mesure d'hospitalisation complète. L'avis médical établi en vue de l'audience préconise également le maintien de la mesure en la forme actuelle. La procédure étant régulière, le JLD ne saurait se prononcer sur les soins dont doit bénéficier le patient, qui relèvent de la compétence exclusive des médecins.
Il y a lieu dans ces conditions d'autoriser la poursuite de l'hospitalisation complète du patient.
PAR CES MOTIFS :
Nous, Clara GRANDE, Magistrat du siège du Tribunal Judiciaire, statuant par décision réputée contradictoire et en premier ressort ;
DISONS que les soins psychiatriques dont [B] [I] fait l’objet pourront se poursuivre sous la forme de l’hospitalisation complète ;
DISONS que cette décision sera notifiée à [B] [I], au Directeur requérant, à Monsieur le Procureur de la République et au tiers ayant demandé l’hospitalisation, avec copie pour information à Monsieur le Préfet de Bouches du Rhône ;
RAPPELONS que la présente décision peut être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel d’Aix en Provence dans un délai de 10 jours à compter de sa notification.
Le recours doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel d’Aix en Provence, [Adresse 3] et notamment par courriel à [Courriel 7] ;
Le délai et le recours ne sont pas suspensifs ; seul le Procureur de la république peut demander au Premier Président de déclarer le recours suspensif.
LAISSONS les dépens à la charge de l’Etat en application de l’article R93-2 du Code de Procédure Pénale ;
LE GREFFIER, LE MAGISTRAT DU SIEGE.
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