Tribunal Administratif de Lyon, 04 octobre 2023. 2307858
Juridiction :
Tribunal Administratif de Lyon
Numéro de pourvoi :
2307858
Date de décision :
4 octobre 2023
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Débloquer le résumé IATexte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2023 l'établissement public Voies navigables de France (VNF) demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative d'ordonner à Mme C D et Mme B D et ainsi que toute autre personne occupant sans droits ni titre le même site, de quitter sans délais le domaine public fluvial relevant de Voies navigables de France, situé au PK 8.100 sur la berge au niveau du bas port en rive droite de la Saône à hauteur du numéro 50 quai Paul Sédallian sur la commune de Lyon avec enlèvement de leurs biens meubles; en l'absence de libération des lieux dans un délai de 8 jours de l'autoriser à procéder à l'expulsion demandée, le cas échéant avec le concours de la force publique et de l'autoriser à évacuer tous objets mobiliers des dépendances fluviales précitées.
Il soutient que :
- les intéressées occupent une dépendance du domaine public dont il a la charge ;
- il y a urgence compte tenu du risque pour la sécurité des personnes ainsi que des risques environnementaux et sanitaires résultant de l'occupation ; l'occupation porte atteinte à l'intégrité du domaine public ;
- la mesure apparait utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Clément, président de la quatrième chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Clément ;
- et les observations de M. A pour Voies navigables de France qui a repris les termes de la requête et maintenu l'ensemble de ses conclusions ; il souligne les risques que fait causer le campement aux occupants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de sa compétence, le juge des référés peut prescrire toutes mesures que l'urgence justifie à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Comme l'a constaté un commissaire de justice les 4 et 5 septembre 2023, les intéressées occupent sans droit ni titre un emplacement situé au PK 8.100 sur la berge au niveau du bas port en rive droite de la Saône à hauteur du numéro 50 quai Paul Sédallian sur la commune de Lyon. La demande de Voies navigables de France ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse.
4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que ce campement ne dispose d'aucun accès à l'eau potable, à des infrastructures sanitaires ou d'évacuation des déchets. Ainsi ce campement porte atteinte à la salubrité publique. Par ailleurs le campement situé sur les berges de la Saône fait courir aux occupants des risques pour leur sécurité. Dans ces conditions, Voies navigables de France est fondé à soutenir, en l'espèce, que l'évacuation de cette zone par ses occupants revêt les caractères d'utilité et d'urgence justifiant que soit ordonnée leur expulsion en référé.
5. Il y a dès lors lieu, dans ce contexte, d'enjoindre à Mme C D et Mme B D ainsi qu'à tous occupants de leur chef, de quitter sans délai les dépendances domaniales en cause. Voies navigables de France, à défaut d'exécution volontaire, pourra, à l'expiration d'un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, au besoin en requérant le concours de la force publique, procéder d'office à leur expulsion ainsi qu'à l'évacuation des biens s'y trouvant.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à Mme C D et Mme B D ainsi qu'à tous occupants de leur chef de libérer avec leurs biens les dépendances du domaine public fluvial ici concernées.
Article 2 : Faute pour les intéressées d'avoir libéré les lieux, Voies navigables de France pourra à l'expiration d'un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance procéder d'office à leur expulsion ainsi qu'à l'évacuation des biens s'y trouvant, au besoin en requérant le concours de la force publique.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Voies navigables de France et à Mme C D et Mme B D.
Fait à Lyon, le 4 octobre 2023.
Le juge des référés,
M. ClémentLa greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2307858
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